Des médias privés burundais réduits au silence, et personne n’en parle !

https://i0.wp.com/burundi-agnews.org/wp-content/uploads/2014/09/bdi_media_burundi_prive_buyoya2014.jpgDes millions de burundais aiment « la radio », nous vivons grâce « à la radio », nous crions, dénonçons, protestons, acclamons, célébrons, pleurons, chantons grâce à « la radio ».

Quelle horreur, quelle atrocité, quel crime que de s’attaquer aux médias privés, alors que blindés, centaines de militaires, policiers, miliciens se disputent le contrôle de la radio-télévision nationales du Burundi ?

Ces symboles du pouvoir, ont toujours excellé dans les chants de louange des pouvoirs, jusqu’à fermer les yeux face à la vérité. Tenez, un soir, alors que les manifestations se faisaient parler d’elles dans tous les médias du monde s’exprimant en plusieurs langues, je retrouve la Télévision nationale du Burundi diffuse 6 communiqués des organisations de la société civile(PISC, ONELOP, Ligue Izere …) condamnant des manifestations que la Télévision nationale n’avait même pas couvertes. Quelle contradiction ? La télévision qui diffuse des messages de condamnation des manifestations  qu’elle a carrément refusé de  couvrir. Que retient votre auditoire de la Télévision nationale du Burundi qui voient des gens défiler pour condamner des manifestations alors qu’ils n’ont pas regardé ces dernières se dérouler ?

L’attaque sur les médias privés est horrible, inouï, absurde, barbare, terroriste. Quelqu’un m’expliquait que les journalistes n’ont pas prêté grande attention à cette calamité parce que ces médias avaient accepté de se mettre sous la protection des putschistes et que des combats s’y sont déroulés. Faux et archifaux !

De un :  Les médias attaqués n’ont pas pactisés avec les putschistes, ils se sont exécutés lorsqu’ils ont été sollicité pour diffuser le communiqué ou pour rouvrir(cas de la RPA). On se souvient qu’en 2001, lorsque certains militaires avaient pris la radio nationale du Burundi, les officiels ont sollicité la Radio Bonesha pour diffuser un démenti.

De deux : Si les médias attaqués étaient momentanément « protégés » par les putschistes, ceci ne veut pas dire qu’ils ont choisi de se mettre sous la protection de ceux-ci, peut s’en faut. En effet, logiquement, il n’y a jamais eu de contrat entre les putschistes et les journalistes, ni sur la matière à diffuser, ni sur les intervenants. Même au cas où des journalistes avaient consenti à collaborer avec les putschistes, en cas de défaite de ceux-ci, la sanction devraient être des poursuites individuelles contre les concernés et rien ne justifie des représailles contre les équipements des médias visés.

De trois : A supposer que les putschistes avaient pris le contrôle des médias-victimes, qu’est ce qui peut justifier que des tirs à la grenade et à la mitrailleuse soient opérés sur les équipements ? Même au cas où on ne connaissait pas les effectifs des assaillants-putschistes, les forces loyalistes et collaborateurs devraient encercler ces bâtiments, y pénétrer pour les  y exfiltrer, les arrêter et les traduire en justice.  Ils pourraient mêmes attendre un, deux, voire trois jours, jusqu’à ce que ces putschistes se rendent. Qui connait par exemple les bâtiments de  la Radio Bonesha ou Isanganiro, peut logiquement comprendre que ce n’est pas une dizaine de putschistes qui pouvaient s’y cacher et ce pour longtemps.

De quatre : Si la « libération » de ces médias nécessitait une action musclée, on auraient vu au moins quelques putschistes arrêtés, tués sur le champ ou blessés. Tel n’est pas le cas.

En somme, l’attaque contre les médias privés indépendants est un crime hautement planifié et exécuté par les agents de l’Etat en l’occurrence les hommes en uniformes de police agissant à coup sûr avec les miliciens. Des investigations sérieuses et profondes s’imposent.  Il sied de rappeler que le journaliste Gilbert Niyonkuru de la RPA avait alerté quelques jours au paravent, qu’un plan d’attaque-incendie de la RPA était bien conçu. Qu’ont fait les pouvoirs publics pour protéger la RPA depuis lors ou du moins lors que les putschistes étaient délogés? Non je me trompe rien n’était possible dès lors que les services de renseignement étaient cités dans ce plan macabre.

Ce Dimanche, le Président Nkurunziza, alors qu’il était questionné sur bien d’aspects nous a révélé un plan d’attaque des Chabab ; mon œil ! Il n’est pas impossible que ces Chabab attaquent le Burundi mais voilà qu’on les utilise désormais pour dérouter l’attention des Burundais. Il n’y a pas longtemps (novembre 2014), le Ministre Nduwimana déclara qu’il y avait une sérieuse menace d’attaque des Chabab qui étaient repéré dans les forêts de Kayanza.  Où avaient-ils disparus ? Et les voilà revenir dans la bouche du Président…. parce que les manifestants résistent !

J’ai un clin d’œil à faire aux médias encore opérationnels. Il n’y a pas longtemps, Charlie Hebdo était attaquée, toute la planète terre s’est levée pour dénoncer cette attaque, une marche républicaine a été organisée à Paris et a connu la participation des dizaines de dirigeants les plus puissants au monde. On a marché, même à Bujumbura, des centaines de personnes ont exprimé leur solidarité au Peuple français. C’était positif et solidaire. Et aujourd’hui, on réduit au silence tous les médias privés burundais desquels citoyens et résidents dépendent……………….et toute l’attention reste portée sur le fameux coup manqué, l’endroit où se trouve Niyombare, le retour de Nkurunziza !

Mais hélas, le peuple Burundais souffre énormément, il n’a plus accès à une information crédible, son cri ne peut plus être entendu, les journalistes fui, d’autres se cachent, des blessés sont achevés sur le lit d’hôpital dans le silence le plus absolu, des dizaines de personnes sont torturés, mutilés dans des endroits privés des services secrets. Et personne n’en parle.

Cette situation dessert le gouvernement du Burundi. Il faut qu’il le sache. Quelqu’un peut rêver la dictature dont la radio –télévision nationales du Burundi se rendent complices. Ceci est inconcevable au 21ème siècle cher Monsieur. Le peuple est comme l’eau qui coule, il se cherche et se trouve toujours un passage.

La destruction des médias burundais est la pire des catastrophes que le Burundi a connues, pire que Gatunguru en février 2014 ou  Gitaza-Nyaruhongoka en mars 2015.

Il faut absolument rouvrir les médias privés pour sauver le peuple en détresse.

Maître Vital Nshimirimana

Publié le 18 mai 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 11 Commentaires.

  1. ces médias ré-ouvrirons leurs portes un jour où l’autre que nyamitwe et nkurunziza le veuillent ou pas, ce pouvoir a longtemps voué une haine viscérale contre ceux.ci depuis qu’ils ont commencé à dénoncer les crimes politiques et économiques du gouvernement nkurunziza

  2. Avez – vous vu son regard. ???? Un regard de fou. !!!!! Mon Dieu nous somme cuits ndabarahiye !!!

  3. Rose Hakizimana

    Sinigeze mbona canke numva aho umukuru w igihugu afata ikihugu akagita mu manga aho ata nahamwe kw isi vyari bwaboneke ko arekura polisi ngo ica abanyagihugu Aho umukuru w igihugu aturira amaradio Aho arungika abapolisi kurasa abagwariye mu Bitaro
    Aho atanga ibigwanisho ku gice kimwe c abanyagihugu kugira bice abandi Emwe ico utarabona ugihabwa n ukuramba Barundi nimurambigwe nitukomere iyo ngwano tuyigwane kuko abo ni Rumariza umwe yagwana na Mwezi

  4. c, est vraiment dommage d,être gouverné par ce genre de personnes!!!!!

  5. Nkurunziza croit tenir maintenant le lévier pour nous bayonner et nous réduire. Il sait que la sous-région, elle qui voyait d’un mauvais oeil notre liberté de parole, elle qui supportait notre liberté de parole parce que Nkurunziza et sa clique nous maintiennent dans la misère, il sait, dis-je que cette sous-région ne dira rien, elle va applaudir en sous-main. Un peuple burundais débout, libre et digne n’intéresse en rien la sous-région. Il es plutôt dérangeant. Qui sait ce qu’il en sera de Kigali ou de Kampala, si demain à Bujumbura nous parvenons à faire plier Nkurunzizia, si demain au Burundi nous arrivons à nous choisir un leadership capable, décidé à lutter contre la corruption, décidé à instaurer une gestion rationnelle du bien publique, décidé à combattre la misère, décidé à mettre le Burundi sur les rails.
    Il va falloir nous serrer les coudes, reprendre notre dynamique brisée par les aventuriers putchistes et nous-mêmes nettoyer notre pays. Dire haut et fort: Nkurunziza et sa clique doivent partir. Nous devons leur refuser toute coopération, toute obéissance. Demains tous dans la rue, ne cédant pas aux provocations. Nous devons nous lever et sortir dans la rue plus fdécidés qu’il y a une semaine. Il en va de notre dignité, il en va de notre avenir individuel et collectif.

  6. NDIHOKUBWAYO Floride

    Floride Ndihokubwayo
    Bonjour Vital et merci pour tout ce que tu fais pour le peuple burundais. Nous ne faisons que vous encourager bien que ce régime ne vous facilite pas la tâche. Les radios saccagées étaient nos radios, c’est pourquoi nous sommes en deuil. J’inviterais la Société Civile burundaise d’entrer en contact avec les responsables des médias détruites pour faire le montage du projet rétablissement des radios détruites. Nous sommes prêts à contribuer.

  7. moi je dirais oublions la communauté internationnale car elle ne fait rien pour nous sauver, levons nous comme un seul homme nitwebwe nyene tuzohenura iyo ntwaro karyanisha, ruhonyanganda.
    nta mvura idahita kandi : « Une heure dure une heure, qu’on la passe en jouant aux boules ou en faisant souffrir mille morts ».

  8. Que personne ne dise :(j’ai serré la main du diable comme le général Romeo Dallère après la crise au Rwanda car nous sommes entrain d’être tués devant les yeux de l’ONU,CEAC_,OUA..’…???

  9. c’est du genre silence on tue.moi je condamne l’onu et la communaute internationale,n’aller pas dire que vous ignoriez ce qui se passe.

    • Ces deux institutions dont vous faites mention n’existe que pour les puissances et jamais pour les pays pauvres.Elles devraient changer de nom…….C’est vraiment regrettable le silence qui les caractérisent quand les pauvres peuples de ces pays souffrent sans personne pour les secourir.

  10. La destruction des radio privées est un plan savemment nourri et execute par le régime Nkurunziza.

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