Le temps, mauvais allié de l’Opposition et de la société civile

CRISE BURUNDAISE :

Le temps, mauvais allié de l’Opposition et de la société civile

https://i0.wp.com/lepays.bf/wp-content/uploads/2015/06/1126073lpaw-1126094-jpg_2834471-660x330.jpgAprès le soutien tacite que les chefs d’Etat de la communauté des Etats de l’Afrique de l’Est ont apporté au Pasteur-Président Pierre Nkurunziza, l’opposition et la société civile burundaises doivent désormais faire face à un autre adversaire de taille : le temps. Un adversaire silencieux, malsain et surtout dangereux. En fonction des contingences, il peut s’avérer un allié ou un ennemi redoutable. A l’heure actuelle, si on ne peut pas qualifier le temps d’ennemi de l’Opposition et de la société civile burundaises, on ne peut non plus le compter parmi les facteurs favorables à la lutte du peuple burundais. Dans une lutte de libération, plus la victoire tarde à venir, plus le temps joue en faveur de celui qui dispose de plus de moyens matériels et financiers et surtout de la force publique et des organes de communication. Dans ces conditions, il est clair que l’Opposition et la société civile burundaises ne peuvent pas compter sur le temps pour gagner la bataille contre Nkurunziza. Un regard dans le rétroviseur laisse voir que près de deux mois de marche, de manifestations, d’affrontements avec les forces de l’ordre n’ont pas du tout entamé la détermination de Pierre Nkurunziza à briguer un troisième mandat. Même une tentative de coup d’Etat n’est pas parvenue à débarrasser le Burundi du dictateur. Pendant ce temps, dans le camp de l’Opposition et de la société civile, les signes d’essoufflement sont de plus en plus perceptibles.

Et même si les Burundais gardent intacte leur hostilité à un troisième mandat de Nkurunziza, même si la population continue à répondre aux mots d’ordre de l’Opposition et de la société civile, sur le terrain, on constate que la mobilisation s’affaiblit.

Il y a de quoi se poser des questions sur l’issue de la lutte du peuple burundais

Par ailleurs, les leaders de l’Opposition étant en majorité entrés dans la clandestinité, le manque d’un contact direct avec la population, leur absence dans les rangs des manifestants sont autant de facteurs qui émoussent la motivation. Et Nkurunziza qui est loin d’être naïf, perçoit bien ces signes d’essoufflement et se dit que c’est à l’usure qu’il gagnera son combat contre le peuple. Il n’a peut-être pas entièrement tort, quand on pense que le récent assassinat de l’opposant Zédi Féruzi, qui aurait dû enflammer tout le pays et provoquer le départ du dictateur est plutôt passé comme une péripétie secondaire dans la lutte contre Pierre Nkurunziza. A cette allure, il y a bien de quoi se poser des questions sur l’issue de la lutte du peuple burundais, si les leaders de l’Opposition et de la société civile n’adoptent pas rapidement une nouvelle stratégie ; d’autant que le pouvoir a décidé de mettre en application les recommandations de Dar-es-Salaam en reportant les élections locales qui devraient avoir lieu demain, 5 juin 2015.

Cela dit, en dépit des différentes difficultés relevées et qui, du reste, font partie des réalités de toutes les luttes, il faut dire que la possibilité de se débarrasser du Pasteur existe toujours. Changer de stratégie dans une bataille, c’est faire preuve de responsabilité, de vision et de détermination. C’est pourquoi l’opposition et la société civile burundaises doivent s’y employer sans perdre davantage de temps. Mais cette nouvelle stratégie devrait intégrer certains faits censés remonter le moral des troupes. Au nombre de ceux-ci, figure bien entendu le principe selon lequel ceux qui sont tombés au cours de cette lutte ne doivent pas être morts pour rien. Nkurunziza, pour avoir commis tant de tueries, a perdu toute légitimité et doit non seulement quitter le pouvoir, mais surtout répondre un jour de ces crimes devant un tribunal.

La communauté internationale, l’Occident en particulier, devrait intensifier son action déjà fort appréciable, en rappelant ses ambassadeurs.

Dieudonné MAKIENI, http://lepays.bf/

Publié le 4 juin 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. Pasteur Anaclet Bangiricenge

    Le temps oui,
    ça prend du temps pour que les gens comprennent. Toute lutte demande de la patience, des stratégies et même des replis tactiques des fois. Etant moi-même Pasteur du Christ vivant, par expérience ce n´est pas en un jour qu´on chasse un démon. Ça demande souvent long temps, pour que la délivrance soit totale. Beaucoup de jours de jeûnes et de prières et de combat. Car la foi sans les actes n´est que vaine. Et imaginez-vous si ce démons ( malin qu´il est se nome pasteur) a élu sa demeure dans le corps d´un président d´une nation ! Tous les corps de police et de défenses deviennent ses outils. Mais ce qui est bon à savoir, c´est que le diable n´a jamais gagné une bataille à ce que je sache. Elle peut durer d´accord, mais Jésus et les siens finiront toujours par triompher.

    • Satan nukwamizako mukumugwanya

    • Vérifions d’abord s’il n y aurait pas des poutres dans nos yeux avant d’épiloguer sur l’éventuelle paille dans l’œil de l’autre. Cfr Luc 6, 41… Vous savez quoi, tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3:23). Tous sans exception. Heureusement, si nous invoquons le nom du Seigneur, nous serons sauvés.  » Et quiconque alors invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Actes 2:21 1). Prions alors les uns pour les autres.

  2. Laissons le Pasteur Nkurunziza finir ce mandat selon la constitution pcq les accords ne peuvent jamais supplanter la loi fondamentale.

  3. NDIHOKUBWAYO Floride

    Floride Ndihokubwayo
    A mon avis les ambassadeurs occidentaux doivent rester pour suivre de près la situation. NZOBONARIBA Philippe porte parole du gouvernement NKURUNZIZA a dit dernièrement qu’ils ne savent pas localiser le BURUNDI sur la carte du monde, s’ils partent demain le gouvernement va les dire qu’ils n’étaient sur place et qu’ils ont des informations fausses. Qu’est ce qu’on n’a pas vu ou entendu sous le régime NKURUNZIZA!!!

  4. Vous vous trompez beaucoup cher rédacteur de cet article. Ce n’est pas parce que vous ne nous voyez pas assez nombreux comme au paravant que Nkurunziza nous a maîtrisés. Si vous êtes sur place au Burundi, dans les milieux contestataires, posez-vous la question : pourquoi cette présence massive des policiers armés jusqu’aux dents jour et nuit dans ces localités? Une réponse pure et simple, c’est que la manifestation est de grande ampleur. Alors, détrompez-vous! Nous tenons toujours jusqu’au bout ( au renoncement de ce dictateur).

    Les manifestations existent belle et bien. A moins que vous pensez comme ce diable aveugle Nkurumbi

Bienvenue sur notre forum de discussion. Postez votre commentaire en restant courtois et poli. Les commentaires redigés en MAJUSCULES ne passeront pas. Merci.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :