Les ingrédients d’une guerre civile réunis

11218554_1437731313211977_5882551050397739797_oPierre Nkurunziza avait-il suffisamment évalué les risques encourus quand il a décidé de s’octroyer un troisième mandat, en violation flagrante des dispositions de la Constitution burundaise et des accords d’Arusha ? S’il n’a pas prévu le scénario du pire, il doit désormais composer avec. En presque deux mois de crise, le pays est dans l’impasse politique   totale. Le décompte macabre a atteint la barre des 70 morts. A cela, il faut ajouter près de 500 blessés composés de civils (majoritairement), de policiers et de militaires. Les nombreux détenus et les milliers de déplacés complètent ce sombre tableau  qui ne semble pas ébranler outre mesure, le « pasteur » président. On ne sait pas quel « dieu » prie ce pasteur, mais il devrait avoir des liens solides avec Lucifer. Bref, les conditions d’une déflagration, du moins d’une guerre civile, sont plus que jamais réunies.

Et au lieu de regarder en toute lucidité la tournure des évènements et de se raviser, les autorités préfèrent se réfugier derrière une « campagne de terreur orchestrée par les politiciens et les activistes de la société civile à la tête de l’insurrection ». Ce qui arrive ne devrait pas étonner le régime.  En effet, au début de son forcing pour   un troisième mandat, une note interne du Service national des renseignements (SNR) aux conclusions alarmantes pour la stabilité du pays, avait été transmise au président. Rendu fou de rage par ladite note, Nkurunziza avait limogé le parton du SNR, le général Godefroid Niyombaré qui a conduit le putsch manqué de mai 2015. Depuis, le général et 300 de ses hommes sont dans la nature.

L’aveuglement du régime dépasse l’entendement

C’est dans ce contexte que le régime de Nkurunziza tient vaille que vaille à organiser les élections législatives et communales le 29 juin prochain, et la présidentielle le 15 juillet 2015, en dépit des mises en garde répétées et des appels de la communauté internationale. Le dernier en date est la sortie de l’Union européenne, le lundi dernier.  Dans un communiqué, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont indiqué que « l’impasse politique au Burundi, la dégradation de la situation sécuritaire et économique, comportent des effets graves pour la population et des risques pour la région toute entière ». L’UE se dit « déterminée à adopter, le cas échéant, des mesures restrictives ciblées à l’encontre de ceux dont l’action aurait conduit ou conduirait à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l’homme, et/ou entreverrait la recherche d’une solution politique ».

Même si cette réaction ferme de l’UE a tardé, elle a le mérite de mettre la pression sur un président qui a définitivement compris que la voie menant à un éventuel troisième mandat est beaucoup moins royale  qu’il ne le pensait ; lui qui comptait sur un parti aux ordres, une opposition minée par des ambitions de ses chefs (dont certains sont toujours en exil) pour s’imposer à la loi et aux Burundais. Reste à présent à savoir si Pierre Nkurunziza va s’amender. Dans les faits, le président sortant ressemble à un cycliste roulant sur une piste bordée de part et d’autre de deux précipices ; s’il manœuvre mal, il tombe. Mais Nkurunziza s’en fout. Acculé, esseulé, le dictateur de Bujumbura voit les dangers s’annoncer à l’horizon pour lui et pour le peuple burundais.

Mais l’aveuglement du régime dépasse l’entendement. Pour preuve, le CNDD-FDD, le parti du président, a refusé de prendre part au dialogue politique préconisé par l’Union africaine (UA), pour raison de campagne pour les élections législatives et les communales. Le régime de Nkurunziza confirme ainsi qu’il a choisi le rapport de force et qu’il est prêt à défier toute puissance, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne. Un acte aventuriste qui pourrait lui être fatal ainsi qu’à son peuple tout entier. Il est plus que jamais impératif que la communauté internationale se mobilise davantage pour barrer la route à la guerre civile en perspective au Burundi, du fait de l’entêtement de Nkurunziza. Si une autre guerre éclate au Burundi, la communauté internationale, africaine, en portera l’entière responsabilité morale et politique.

Michel NANA, http://lepays.bf

Publié le 25 juin 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 14 Commentaires.

  1. cumacindubaruba

    Intambara umenya ingene uyitangura ntumenya ingene ihera, ibi rebelles bimaze kuvuka aha muburundi ni vyinshi kuntwaro ya peter, nibazeko mutaje kudufyinisha, turabiteze apana kumunywa mais mungiro uwutsinda atsinde uwutsindwa yomoke ngira ninaho uburundi bworonka agahengwe ibihuha n’ubwicanyi bugahera.

  2. Nkurunziza a dit a BUSONI qu’il ne peut écouter n’importe qui que ce soit en ce qui concernr son 3 em mandat et c’est ce que nous voyons. Depuis qu’il a refuse le dialogue,il a déclaré la guerre contre son peuple,Mon Col.NYAMBARIZA,ayez le courage de se mettre devant nous ,vous serez récompansé par Dieu.
    Nous sommes tellement fatigue.
    Nous vous attendons avant le 29/06/2015 svp.

  3. Les burundais sont tellement impatients de vous voir venir libérer notre pays qu’ils commencent a douter de votre existence?Moi je suis parmi eux.Et surtout mm si c’est en peu dangereux de dire comment on peut vous joindre,essayer de le discrétionnairement bien sur,nous voulons participer a la libération de notre pays. Vive le Burundi sans peter ,Adolphe,…….
    ?????

  4. Merci Col Nyambariza , de ce que vous venez de dire, personnelemet je le savais même si je ne suis pas militaire, car si l’ennemi du Burundi était juste , les bandits de Nkurunziza et compagnie, avec la pression , ils auraient abandonné la lutte, mais vu qu’ils se savent soutenus par ces groupes armées, et qu’ils ont bouffé des sommes d’argent pour s’éterniser au pouvoir afin d’ aider Les Interahamwe d’envahir le Rwanda ,ils ont une dette à payer donc ils subissent une pression des 2 côtés et voilà que Nkurunziza préfère le plus payant et Il s’enfou complétement du sort de son Pays , il est pas assez intelligent pour souhaiter un pays prosper, quant à tuer, ils adorent tuer c’est leur métier, mais de tout cela je tiens à faire noter que certains pays comme La France, La Belgique, sont surpris par le peuple Burundais qui ne veut plus s’aventurer dans les attaque Hutu- Tutsi, ce qui fait qu’ils n’aient pas le choix de faire volte – face à Nkurunziza, on va les étonner encore Mon Colonnel, on ne veut plus de haine ethnique, on partages les mêmes malheurs d’avoir un fou à la tête du Pays

  5. @Col. Didier NYAMBARIZA dire « notre ennemi n’est pas le gouvernement du Burundi » devrait peut-être lire: « notre ennemi n’st pas le people Burundais », parce que Pierre Nkurunziza, Adolphe et compagnie forment le Gouvernement et sont donc l’ennemi, comme ils prennent présenement tout le people en otage, ce dernier sera victim no.1. Je vous suggère donc de déclarer la guerre aux criminels, individuellement. Je vous invite ainsi à regarder le film « Le Parain »; The Godfather en Anglais. En tant que professionel militaire très qualifié et competent; « don’t get mad, get even »!

  6. Fuck u Nkurunziza fuck u ayo maraso azo guhumira

  7. Rose Hakizimana

    IL faut que Nkurunziza quite le pouvoir sans qu il attendre qu il a une guerre Les Burundais ont besoin de paix et du pain Yarabababaje bikwiye hageze ko boronka amahoro bagasinzira
    Niyemere ko yananiwe gutwara aheze abise abandi Ntaho ryabonetse aho umuntu arondera gutwara abamushaka kera ku bami baca biha ubuki bagaca bavuga ngo Umwami yasinziriye
    Na Deniza yarakwiye kumutegurira UBUKI akigira wenyne atawe ahitanye

    • Rose Hakizimana

      Ntaho ryabonetse aho umuntu arondera gutwara abatamushaka Le peuple lui a vomie
      Kera ku Bami abanyagihugu bakwanse uri Umwami waca wiha Ubuki ukasinzira ubutakigaruka
      Madamu Denise lero ako kamo niwe agatewe kugira umugabo wiwe yisinzirire ubutagisubirunyuma
      aheze yijane atawe ahitanye Ko Madame Denise ari Umuvyeyi akaba abona abantu birigwa baricwa
      nkamusaba ko yoraba kazoza ka bana biwe kuko bazoronka izina ribi ryakoze amaraso y abarundi

  8. Mukizwa HARIMANA

    Emwe, satani wewe azohimbarwa musheshe amaraso. Abantu mwese musenga Imana yo mw’ijuru (atari ya mana ya nziza), ndabasavye mumenye aho igihe kigeze. Intambara ntizobura kubaho, mwasenga mwareka kuko Bibiliya ntibesha. Mwitegure kumitima, mwihane, ntimucudike n’ab’isi mu gusesa amaraso. Ahandi ho muzoba mwihenze.

  9. Col. Didier NYAMBARIZA

    Je suis un officier burundais en exile et je voudrais donner certaines precisions quant à la guerre civile en vue.
    Suite au refus du president Nkurunziza et sa clique de bandits terrorristes (les généraux Adolphe Nshimirimana, Guillaume Bunyoni, Willy Nyamitwe et autres) de respecter les décisions des presidents de la sous-région, et de participer au dialogue inter-burundais dirigé par le representant des Nations Unies, les patriotes en fuite n’ont pas d’autres choix que de s’organiser en mouvements revolutionaires pour eviter que le cas 94 du Rwanda se reproduise au Burundi. Ces mouvements (FNL, PRM, MNB, UPR, FPL, FDC et autres) basés en RDC, en Tanzanie et au Burundi, sont en phase finale de fusion et ils proclamerons bientôt l’appellation commune et le leadership tenu secret.
    L’honorable Nyangoma l’a bien dit quand il cite le père Mandela que  » c’est l’adversaire qui determine le mode de lutte. » Comprennez bien qu’il s’agit d’un dernier recours et que nous aurions preféré la negociation entre les politiciens.
    Nous qui avons d’information quand aux forces de l’ordre, nous mettons en garde le pouvoir de Nkurunziza qu’il sera le seul responsable des dégats materiels et humains que va causer cette nouvelle guerre civile compte tennu de son entetêment à rejeter les conseils de la communauté internationale. De ce fait, nous mettons en garde la clique du CNDD-FDD dirigé plus precisement par le Général Adolphe Nshimirimana qu’ils vont répondre en justice du génocide en preparation par la milice du CNDD-FDD de Nyabenda Pascal et soutenu par des éléments INTERAHAMWE et FDLR du Rwanda.
    Je me porte garant à affirmer que cette guerre n’engage que les burundais et m’alligne donc en faux contre quiconque voudra impliquer un tel ou tel pays limitrophe. Et le fait que certaines de nos bases arrières se trouvent en RDC (Kivu) et en Tanzanie (Parcs); et le fait aussi que nous serons obligé de combattre aussi les éléments négatifs rwandais et congolais (voir appui FDLR et Mai Mai à la milice des IMBONERAKURE ) n’impliquent en aucun cas les pays limitrophes de la RDC, de la Tanzanie ou du Rwanda. Nous respectons de la même manière tous les pays de la CEA et du SADC quand à leurs volontés positives à rechercher des solutions d’une paix durable au Burundi.
    Nous precisons finalement que notre ennemi n’est pas le gouvernement du Burundi ni les Forces de l’ordre burundais mais que nous combattons contre une clique du parti CNDD-FDD qui est soutenue par une clique d’officiers de l’armée et de la police qui agissent hors-la-loi et à leurs périls. Nous sommes convaincus que nous aurons le soutien de la majorité des forces de l’ordre, du peuple burundais et de l’opinion internationale.
    Le seul responsable de cette guerre récente est le president Nkurunziza, si du moins il persiste à forcer la tenue des élections quasi-impossible vu que les conditions des élections libres et transparentes

    • burundi berthland

      soyez fort et brave muri intwari nous vous soutenons mais nous manquons comment vous joindre nous sommes prets pour le changement’Dieu soit avec vous et vous benisse’

  10. Si « les vrais chefs savent résoudre les problèmes », ils ne peuvent en aucun cas en être la cause car « les bons dirigeants voient loin et sont prévoyants », mais plutôt doivent « savoir rassembler les gens en tant de crise », au lieu de les diviser. Continuez a évaluer vos leaders ou vous-mêmes.

    • Tout le burundais sait très bien que c,est la communauté international, l,ue en premier lieu qui se fait superman pour diviser les burundais. Il serait honorable si la question des burundais soit traité par eux meme.

      • Oui mais wibazako Uburundi aho bugeze bushobora kwitunga butaronse yabo?! 2èm. wibazako baguha imfashanyo après vous tournez les pousses?

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