Le président de l’Assemblée nationale réfugié en Belgique, à la veille d’élections tendues

https://i1.wp.com/rb.llb.be/image/2b/5590036f35705238f34c5b2b.jpgLe président de l’Assemblée nationale burundaise Pie Ntavyohanyuma a annoncé dimanche depuis Bruxelles qu’il se trouvait « momentanément contraint » de rester loin de son pays, en proie aux violences. Il a dénoncé le « forcing » du président Nkurunziza pour un 3e mandat « illégal ». « Pour le moment, je suis contraint de rester à Bruxelles », a déclaré M. Ntavyohanyuma sur la chaîne de télévision France24. Il a demandé au président du Burundi, Pierre Nkurunziza , de renoncer à organiser les élections législatives lundi et à briguer un 3e mandat présidentiel « illégal » le 15 juillet (1er tour). Il l’a appelé à engager « un dialogue inclusif » avec toutes les composantes politiques.

Mercredi soir, le deuxième vice-président du pays, Gervais Rufyikiri, avait également fui le pays pour la Belgique, appelant aussi le président Pierre Nkurunziza à renoncer à briguer un troisième mandat. Des rumeurs persistantes à Bujumbura faisaient alors état d’une possible défection du président de l’Assemblée nationale sortante, Pie Ntavyohanyuma, qui était officiellement en Europe pour une réunion interparlementaire à Genève. Un autre ancien vice-président burundais, Bernard Busokoza, aurait lui aussi fui en Belgique.

Vendredi, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders avait indiqué que « la Belgique avait déjà pris des dispositions dans la discrétion pour accueillir des personnes qui seraient en danger ». Il avait lancé un nouvel appel au dialogue au Burundi et rappelé que la Belgique ne pourrait pas reconnaître le résultat d’un scrutin organisé dans un climat de violence.

M. Ntavyohanyuma, haut cadre du parti au pouvoir CNDD-FDD, a une nouvelle fois dimanche appelé le chef de l’Etat à renoncer à sa candidature « illégale » à la présidentielle qui suivra, le 15 juillet, les premiers scrutins de lundi. Elles aussi controversées, les élections de lundi seront boycottées par l’opposition, qui affirme n’avoir pas pu faire campagne et avoir été la cible de menaces.

« A la veille de ce forcing, j’aimerais attirer l’attention de M. le président, l’interpeller (…) et lui dire que son mandat vers lequel il veut aller est illégal », a-t-il dit. « Il pourrait y renoncer et organiser à l’aide des médiateurs qui sont au Burundi un dialogue inclusif pour (…) organiser des élections inclusives pouvant réconcilier tous les Burundais et permettre aux exilés de rentrer », a insisté le président de l’Assemblée nationale.

Plus d’un mois de crise et de violence

L’annonce fin avril de la candidature de Pierre Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010, à un troisième mandat a déclenché un mouvement de contestation populaire violemment réprimé par la police et émaillé de heurts avec les jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure. Les violences ont fait plus de 70 morts, selon une ONG de défense des droits de l’Homme burundaise.

Plus de 120.000 Burundais ont aussi fui le climat préélectoral délétère dans des pays voisins. « Ce forcing vers les élections n’a pas de sens », a ajouté M. Ntavyohanyuma, rappelant les nombreux appels à un report des élections. « Les médiateurs envoyés par le secrétaire général des Nations Unies, l’Union africaine, les pays de la communauté de l’Afrique de l’est, tous les hommes de bons sens (lui) conseillent de postposer ces élections pour pouvoir organiser des élections inclusives, consensuelles », a-t-il souligné.

M. Ntavyohanyuma, professeur d’université, était, à l’instar de M. Rufyikiri, considéré comme l’un des intellectuels du CNDD-FDD. Les deux hommes étaient tombés en disgrâce en même temps en mars, quand un conseil des sages du CNDD-FDD dont ils faisaient partie s’était prononcé contre une nouvelle candidature de Pierre Nkurunziza à la présidentielle. Le principal conseiller en communication de Pierre Nkurunziza, Willy Nyamitwe, a cependant estimé que cette nouvelle défection ne représentait pas un coup dur pour le président: « il était déjà isolé au sein du parti et (…) on s’y attendait », a-t-il assuré. « C’est un frondeur de longue date, qui vient tout simplement de l’officialiser », a-t-il ajouté, estimant par ailleurs que ce nouvel appel lancé à Pierre Nkurunziza pour qu’il renonce à sa candidature était sans effet.

le dimanche 28 juin 2015 à 17h29, http://www.lalibre.be/actu/international

Publié le 29 juin 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Cher NYAMITWE ne croyais pas que c’est ti qui aime le President que les frondeurs, pas dutout mais malheur a lui qui vous ecoute. Quand il sera juge par le Tout Puissant pour son egoisme, je ne croit pas que tu pourras le defendre toi Faux Nyamitwe!

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