Les comportements suspects de l’opposition

PRÉSIDENTIELLE BURUNDAISE :
Les comportements suspects de l’opposition

https://i0.wp.com/burundi-agnews.org/2.57/images/remote/http--www.iwacu-burundi.org-old-images-stories-67-Opposition.JPGEnvers et contre tous, Pierre NKurunziza a organisé sa présidentielle, hier 21 juillet 2015. Le climat d’insécurité que vit le Burundi n’a pas suffi à le dissuader.

En effet, peu avant l’ouverture officielle des bureaux de vote, des explosions et des tirs ont été entendus dans la capitale Bujumbura, dans la nuit de lundi à mardi, avec pour conséquences des morts et des blessés. Tout cela, le pouvoir burundais n’en a eu cure, allant même jusqu’à abuser de superlatifs pour tenter de légitimer sa mascarade électorale ; une manière d’expier sa forfaiture.

Au-delà du jusqu’au-boutisme de NKurunziza, on en vient à s’interroger sur les comportements de certains opposants. En effet, les candidats accompagnateurs de NKurunziza sont l’ancien diplomate Gérard Nduwayo de l’Uprona, Jacques Bigirimana du FNL et Jean de Dieu Mutabazi de la Coalition des partis politiques pour une opposition participative (COPA). Ceux-là sont proches du pouvoir et leur participation aux élections n’a rien de surprenant. Mais ce qui est intriguant, c’est l’attitude de trois opposants candidats, qui ont écrit à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour signifier le retrait de leur candidature. Il s’agit de Jean Minani du Frodebu-Nanyuki, de Domitien Ndayizeye et de Sylvestre Ntibantunganya. Certes, on peut saluer la décision de ces derniers de ne pas légitimer la forfaiture du président burundais qui prend son pays pour son ranch. Mais ils n’en sont restés qu’au stade de l’annonce de leur retrait du scrutin. De fait, la CENI a estimé que pour que le retrait de leurs candidatures fût effectif, il aurait fallu que ces candidats eussent effectué le déplacement à son niveau pour récupérer leurs dossiers, au lieu de se contenter de lui adresser une correspondance. Ce qui peut paraître quelque part défendable, même si on s’attendait évidemment à ce que le pouvoir burundais fît de cela son miel, lui qui a du reste décidé de maintenir lesdites candidatures.

La démocratie au Burundi a plus que jamais besoin de la solidarité et de la détermination des opposants

Pourquoi diantre, cette opposition n’est-elle pas allée jusqu’au bout de sa logique pour éviter toute exploitation  ? Mais l’attitude la plus saugrenue est celle de Agathon Rwasa, le principal opposant de Nkurunziza. Il avait indiqué qu’il ne participerait pas aux élections. Mais, coup de théâtre ! Il décide à la dernière minute de ne pas retirer sa candidature de façon officielle. A quelle logique cela obéit-il, quand on sait du reste qu’il n’a aucune chance de vaincre NKurunziza, dans les conditions d’organisation du scrutin que l’on sait ? Bref, sa décision laisse libre cours à toutes les supputations possibles. En tous les cas, le comportement de ces opposants inspire deux réflexions. Primo, dans les républiques « gondwanaises » où la corruption est un instrument politique et où les opposants ont chacun leur prix, leur comportement ambigu peut laisser croire qu’ils ont été stipendiés par le régime de Nkurunziza, faisant d’eux les obligés du satrape burundais. Car sans doute, dans ces élections burundaises, beaucoup d’argent a circulé. Et si ce n’est pas par l’argent, NKurunziza pourrait les tenir par autre chose, notamment par le passé trouble de certains d’entre eux. En tout état de cause, on a le sentiment que les trois autres collègues sont restés au milieu du gué, pour avoir trahi l’opposition résistante, le peuple burundais et les démocrates du continent. Dans une Afrique des compromissions et des marchandages en tout genre, toutes les hypothèses sont envisageables.

Secundo, si par extraordinaire, il s’avérait que ces opposants, pour des raisons d’intérêts, ont travaillé, par la tactique de la diversion, à accompagner le dictateur de Bujumbura dans

son œuvre de sabotage de la démocratie, ce serait très grave. Et puis, ce serait, pour eux, le discrédit pour toujours. D’ailleurs, ce serait pour l’opposition, notamment pour Agathon Rwasa et les trois autres, faire un très mauvais calcul que de soutenir « nuitamment » Nkurunziza dont l’avenir paraît des plus sombres. En tout cas, un pays ne peut durablement construire son avenir sur la dictature. Ce faisant, la démocratie au Burundi a plus que jamais besoin de la solidarité et de la détermination des opposants et des organisations de la société civile. En attendant la proclamation de la victoire électorale du parti présidentiel dans les prochains jours, l’opposition doit donc retrousser ses manches pour accentuer la pression sur le fossoyeur de la démocratie au Burundi. Tout en espérant que certains d’entre eux n’ont pas déjà pactisé, en secret, avec le diable de Bujumbura.

Michel NANA, http://lepays.bf/

Publié le 22 juillet 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 10 Commentaires.

  1. Comment vous osez porter un tel jugement négatif aux candidats qui n’ont jamais fait de campagne électorale auprès de leur électorat ? Et quand on dit que la sécurité n’est garanti pour personne aujourd’hui au Burundi, pensez un instant ce que ce geste de retrait officiel aurait pu leur couter s’ils devraient se soumettre à un processus de retrait qui les piège ? Et si on vous retournait la question en terme du pourquoi Mr Ninahazwe Pacifique, organisateur principal des manifestations contre le 3è mandat forcé de Nkurunziza, ne se présente JAMAIS aux dialogues officiels prévus à cet effet, vous répondriez quoi cher Michel NANA ? Et qu’en disent réellement les candidats visés dans votre article? Peut-être qu’ils nous apporteraient plus d’éclaircissements sur cet qui est mis en doute …

  2. Je ne vois rien de lucide dans le papier de Michel Nana. A suivre sa logique, on est même tenté de croire que lui aussi a ete acheté par Nyamitwe… pour diviser l’opposition. Faites preuve d,un peu de lucidité et creativité, chers lecteurs. Tous les opposants me semblent coherents jusqu,ici, dont Agathon Rwasa qui, on le sent a une machine derriere lui qui evalue faits et gestes de Peter. Ce dernier est condamné maintenant a negocier. Raison simple: Impossible pour lui de former un gouvernement sans la coalition Rwasa, la seule qui a pu obtenir 5% des voix aux legislatives. Voila comment on lutte intelligemment. Rwasa vient de mettre sur la table une proposition de sortie de crise: un gouvernement d,union nationale (qui n,est rien d,autre qu,un gouvernement de transition) pour 1 an, pour preparer de vraies elections. Le camp Nkurunziza n,a pas tardé a s,y opposer. Mais, a-t-il vraiment le choix? On le lui imposera contre son gré. Ce qui est certain, personne ne veut un gouvernement d,union nationale (i.e. transition) de 5ans. Et on ne nous l,imposera pas. Surtout qu,il serait en violation de la constitution.

  3. jewe pscifique namye mvuga kuvanakera ivyamstora bitaranaba ko nkurumbi yahemukiye non seulement abahutu,yahemukiye abarundi bose.ba rwasa nabo,ntibitangaje kubona baraherekeje umwicanyi,kuko nabo nyene nsbicsnyi nkawe.gutora nkurumbi,ntaho bitsniye nugutora rwasa.mbega,jewe nabanye nsbatutsi nkabana nabahutu,mumbonera iciza rwasa yozanira benewabo ari igiki? ndababwijukuri nubu ndabisubiremwo ko jewe ntazofa nsubiye gutora izina muhutu,kandi nomubstutsi ixompehe zaherekeje mujeri.mporona turayizi umuganwa wumushingantahe rwagasore ashira hamwe sbarundi atavanguye.abobandi nabo bayiherekeje bomurimporona,nibamwe nayo.

  4. ndajejo1@yahoo.fr

    J’admire profondément cette analyse intellectuelle! Elle a le mérite d’être documentée, scientifiquement composée et fouillée. Courage et continue à éclairer le public malheureusement sujette à une manipulation politicienne d’une dictature à peine voilée par des ventriotes et des génocidaires de tout les temps au Burundi et dans toute la sous Région de l’EAC. Leurs jours se compte sur les bouts des doigts. C’est le wait and see! Qui vivra verra!!

  5. Vous mourrez de chagrin. Je l’ai dis et je le répète.(imbwa zikonwa zirira). Les élections ont bel et bien eu lieu et Rwasa detient toujour sa deuxième place. Faite encore vos manoeuvres pour le retirer.

  6. Le faux coup d’état, et maintenant la fausse opposition, Nkurunziza avait bien planifié les choses. Ses vieux copains du maquis soient disant opposants, impliqués dans le coup, ont bien joué le jeu. Entre copains, on ne se trahis pas.Toute cette manœuvre a consisté à débusquer les vrais opposants, ceux-là qu’on ne pouvait acheter, et à les neutraliser à temps. C’était un travail facile, d’autant plus que, comme incorruptibles, il en reste pas grand-chose au Burundi, que ce soit du côté du pouvoir ou de l’opposition, ou que tu sois hutu ou tutsi.
    Pour les vrais opposants, tout n’a pas été perdu. Au moins les alliances ont été clarifiées. Maintenant on sait avec qui on est.
    Reste pour l’opposition, maintenant le courage de tout recommencer, car la guerre politique n’est pas encore perdue.

  7. Tres bien citoyen..moi aussi je suis surprise par ce cmportement enfatile des opposants..fallait revenir au pays pour nous montrer votre resistance.car ici les fidels des opposants meurent chak jour.c’est vrmt malheureux qu’au burundi on ait seuleumt des ventriotes au lieu d’avoir des patriotes.

  8. Citoyen patriote

    Excellente analyse! Les deux hypotheses sont possobles!Nous n’avons pas d’opposants politiques au Burundi. C’est la societe civile qui joue genialement ce role. N’eut ete cette societe civile la resistance populaire m’aurait pas eu lieu! As-tu deja vu une opposition politique qui fuit le pays alors que lle governement tue les defenseurs de la legalite? Sauf au Burundi!

    • iki kinyamakuru muri des extremists tutsi babi kandi ntaco muzopfa mushitse ko kuko ubu ni igihe c’abahutu, abatwa, abatutsi yahindutse bitwa abarundi bakunda igihugu. na ba partenaires banyu don’t des extremists tutsi buzuye ureanko. ivyo vysrasizwe.

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