Burundi: « Une violence démesurée pour réprimer les manifestations »

https://i0.wp.com/ds2.ds.static.rtbf.be/article/image/1248x702/2/0/d/aabc0cf9416cd82a9a0c9b77ff5e7fc7-1437626866.jpgLa police burundaise a, à plusieurs reprises, fait usage d’une force « excessive et disproportionnée » lors des derniers mois dans le cadre de la répression des manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Le constat provient de l’organisation Amnesty International, qui a enquêté sur le terrain, dans la capitale Bujumbura, en mai et en juin derniers. Dans un rapport publié jeudi, Amnesty évoque d’importantes « violations, entre autres du droit à la vie, la liberté d’association et le rassemblement pacifique » dans le chef des forces de l’ordre.

« Traiter des manifestants en grande partie pacifiques ainsi que des quartiers résidentiels entiers comme faisant partie d’une insurrection a été contre-productif et a eu pour effet d’attiser plutôt que de diminuer les protestations« , précise le rapport, tout en faisant état également de certains abus perpétrés par des manifestants.

Le rapport conte notamment le meurtre de plusieurs personnes par des policiers de l’API (Appui pour la Protection des institutions), qui ont, selon plusieurs témoignages, tiré dans le dos et dans la tête de personnes simplement assises devant une maison. A plusieurs reprises, des policiers ont tiré sur des passants, en-dehors de toute manifestation et sans raison apparente.

Le 26 avril, un jeune de 15 ans, qui ne tenait rien en main, avait précisé aux policiers qu’il ne participait pas à une manifestation et était tombé à terre après avoir trébuché sur des pierres, a été tué par les forces de l’ordre d’une balle dans la tête, selon d’autres témoignages. Selon Amnesty, la nature des violations des droits humains perpétrées, ainsi que l’attitude du gouvernement, démontrent que l’objectif n’était pas tant de disperser les manifestations que de « punir les protestataires pour leurs opinions politiques« .

« Des individus en position de pouvoir court-circuitent la chaine de commandement au sein de la police, pour donner des ordres qui violent les standards régionaux et internationaux en matière de droits humains, y compris le droit à la vie« , peut-on lire dans le rapport. S’il est difficile d’avancer un chiffre établi et complet, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme au Burundi a en tout cas enregistré 58 décès dans les affrontements, entre le 26 avril et le 29 juin, rappelle le rapport. Parmi les victimes se trouvent entre autres des enfants.

RTBF avec Belga,

Publié le 23 juillet 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Bienvenue sur notre forum de discussion. Postez votre commentaire en restant courtois et poli. Les commentaires redigés en MAJUSCULES ne passeront pas. Merci.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :