Retour sur l’attentat contre le général Adolphe Nshimirimana

002Vers 8h 30 min de ce dimanche, un bruit assourdissant de roquettes et de crépitement d’armes d’assaut se fait entendre entre le quartier de Ngagara et Kamenge au nord de la capitale Bujumbura. Les gens qui se trouvent aux environs tentent de se sauver en débandade sans savoir exactement pourquoi ils fuient. Véhicules privés, ceux de transport en commun, motos et vélos se dirigent en vitesse dans un sens unique vers le nord comme le danger venait du sud. Les habitants des environs sortent soudainement pour savoir ce qui se passait. On court contre le danger, pas le temps de dire quoique ce soit.

Dans la foulée, une jeep pick up et un taxi passe sur la route dite « gare du nord » vers le nord en prolongeant le route nationale no1. Dans le taxi, il y’avait des policiers sur tous les cotés, les portières même celui de l’arrière non fermées, soutenaient les armes pointées vers l’extérieur. 15 min plus tard, l’information filtre. Le général, ancien chef des services de renseignements, Adolphe Nshimirimana, chargé de missions à la présidence, vient d’être attaqué. Sa mort sera confirmée officieusement dès les premières minutes de neuf heures.

Les témoignages parlent d’un véhicule militaire « pick up » qui a coupé la priorité au général Adolph Nshimirimana. Il s’apprêtait à virer vers la gare du nord après avoir fini le boulevard du 28 novembre, près de l’hôpital roi Khaled. C’est à ce moment qu’une roquette sera tirée du coté nord du boulevard. Sa double cabine sera touchée devant. Une pluie de balles sera aspergée sur la portière du général, le laissant peu d’espoir de survie. Son chauffeur et ses gardes en succomberont aussi. On parle d’une de ses gardes qui aurait survécue. Ces hommes en tenue militaires étaient remarqués dans les 20 minutes qui précédaient le forfait. Les gens pensaient que c’est la sécurisation du passage d’une haute personnalité comme d’habitude.

Le trafic interrompu à la gare du nord.

Quelques minutes plus tard, la gare du nord ne passe pas. Les policiers, militaires et quelques imbonerakures, jeunes militants du parti au pouvoir investissent les lieux. Ces derniers sommaient constamment les gens, qui voulaient en vain se rendre sur le lieu du drame, de faire demi –tour. Ils chercheront petit à petit à se munir des gourdins.

Vers 11h, le trafic reprend, les bus en cavale font demi tour, l’heure de surenchère commence. Pour Ngozi, les gens payent 20.000 frbu là où on paye 7.000 frbu. Ces jeunes imbonerakures, quitteront les lieux, en groupe et certains dans deux véhicules de type « hiace » et « coaster ».

La peur sur tous les visages.

Le commerce s’est interrompu toute la journée à la gare du nord. Le quartier de Ngagara, contestataire du 3ème mandat, près de l’endroit du crime a peur aussi. Le commandant du camp Ngagara sera arrêté puis relâché à la fin de la journée. La police opérera une fouille surprise au quartier 6 de Ngagara. La population se félicite de la douceur dans laquelle elle s’est déroulée. A Mutakura, l’autre quartier opposé au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza aura aussi la panique dans le ventre.

Vers 17h, les gens ont couru dans touts les sens craignant la venue des Imbonerakures. Mais les militaires venus en nombre important, ont eu la charge de les tranquilliser. Dans toute la capitale, la peur n’était plus qu’évidente toute la journée. Des personnes ont été arrêtées par les services de renseignements, dont Esdras Ndikumana, correspondant de la RFI, battu puis relâché.

Un discours à la nation pour calmer les esprits.

Au niveau de la présidence, dans l’avant-midi, le conseiller responsable de la communication, Willy Nyamitwe, s’est chargé via son compte twitter de prendre acte de la mort du général. Dans la nuit, le président Pierre Nkurunziza fera son discours : il appelle les gens au calme plus particulièrement les habitants de Kamenge, les prenant pour vrais amis du défunt. Ils les appellent à renoncer à la vengeance et donne 7 jours à la justice pour trouver les auteurs et de les punir. Tout de même, des coups de balle se sont faits entendre pendant la nuit à Bujumbura.

Le non recours à la violence pour résoudre le conflit burundais a été réitéré aussi par les Etats Unis et l’Union Africaine après avoir appris la mort du Général Adolphe Nshimirimana. Reste à savoir si cet appel venu de toute part sera respecté. Pour le moment, la gare du nord a repris son trafic et tout semble redémarrer ce matin de lundi.

03.08.2015, http://infosgrandslacs.info/

Publié le 3 août 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. mutama sendicat humura ntanumwe atazopha ariko umwasi yogutanga mucobo(hagupha uyumusi wopha ejo)

  2. utwenga ikibi wasamye kikarongora kija mukanwa

  3. On ne peut pas se réjouir d’une mort! kuko la mort ni irréversible avec bcp de dégats collatéraux! mais si la date était déjà arrivé, qu’il repose dans les conditions du juge qui se prononcera sur son sort selon le droit pénal en vigueur aho agiye! kandi rero, CPI y’aho agiye ntiyoroshe!!!! iyintu ishobora gu prononça « PEINE DE MORT A PERPETUITE!!!! kandi ni un seul degré de juridiction!, Nta mu avocat ariko hari un parquet, des juges et greffiers justes, équitables et honnêtes atari nk’abo muri Gondwana! barusomye naho ruba rugoye ugenda urashima!!!

  4. les journalistes de bujanews font vraiment un bon boulot. merci pour votre professionnalisme.

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