L’AFP et RFI dénoncent le silence du gouvernement après l’agression de leur correspondant

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Patrouille de police dans les rues de Bujumbura, le 2 août 2015 afp.com/LANDRY NSHIMIYE

L’Agence France Presse (AFP) et Radio France internationale (RFI) ont dénoncé mercredi l' »absence totale » de réaction des autorités burundaises, dix jours après l’agression de leur correspondant au Burundi, Esdras Ndikumana, arrêté et torturé par des membres des services de renseignements.

« La violente agression dont a été victime notre correspondant, reconnu et respecté par toute la profession sur le continent africain, ne peut pas rester impunie« , a fustigé la directrice de l’Information de l’AFP, Michèle Léridon, exigeant « que les responsables de ces violences soient poursuivis et sanctionnés« .

« Plus d’une semaine après la violente agression dont a été victime notre correspondant, nous ne nous satisfaisons pas de l’absence de réaction des autorités burundaises« , a dénoncé pour sa part la directrice de RFI, Cécile Megie.

« Nous exigeons que les responsables des violences et tortures dont a été victime Esdras Ndikumana alors qu’il faisait son métier de journaliste, soient poursuivis et sanctionnés« , a souligné de la même manière Mme Megie.

Esdras Ndikumana, 54 ans, correspondant au Burundi de l’AFP et de RFI depuis une douzaine d’années et figure du journalisme indépendant dans son pays, avait été arrêté puis roué de coups le 2 août par des membres du Service national des Renseignements (SNR) alors qu’il prenait des photos sur les lieux de l’assassinat du général Adolphe Nshimirimana, proche du chef de l’Etat et cacique du régime.

Dans les locaux du SNR, M. Ndikumana avait été violemment frappé au dos, aux jambes et sur la plante des pieds, pendant près de deux heures, avant d’être relâché et hospitalisé avec un doigt fracturé, de multiples contusions et pouvant à peine marcher. La plupart de ses papiers, son argent, ainsi qu’une chaîne en or et son alliance lui ont été volés.

Le lendemain de ce « tabassage« , l’AFP, dont le PDG Emmanuel Hoog avait dénoncé un « acte scandaleux« , et RFI avaient adressé une lettre de protestation aux autorités burundaises, demandant « de faire la lumière sur ces faits intolérables » et de « prendre d’urgence toutes les mesures nécessaires pour qu’une enquête permette très vite d’identifier, de juger et de punir les coupables« .

Ce courrier est resté sans réponse à ce jour. La présidence s’est contentée d’en accuser réception par SMS, prétextant une activité au « ralenti compte tenu du contexte électoral en cours« .

Esdras Ndikumana est actuellement soigné à l’étranger pour une fracture du doigt, un déchirement du tympan, des douleurs persistantes sous les pieds et dans le dos, ainsi qu’un taux de diabète préoccupant, conséquence notamment du choc de l’agression, selon ses médecins.

Le Burundi traverse une grave crise politique depuis fin avril, début d’un mouvement de contestation populaire contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. Malgré des violences qui ont fait une centaine de morts et un coup d’Etat avorté mi-mai, M. Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, a été réélu fin juillet, lors d’un scrutin jugé non crédible par la quasi-totalité de la communauté internationale.

Depuis mai, la plupart des médias indépendants sont réduits au silence et de nombreux journalistes, cibles de menaces ou d’attaques, ont fui le pays ou se cachent.

Par AFP , le 12/08/2015 à 14:43 , http://lexpansion.lexpress.fr/actualites

Publié le 13 août 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Si le Gouvernement de Bujumbura tient encore à quelque légitimité, il doit arrêter sans délais le Commissaire de Police Bertin Gahungu, qui a supervisé la torture du journaliste de RFi Esdras Ndikumana.

  2. Farida Rusodoka

    C’est très dommage que le pays reste coupé du monde par manque de porteurs de voix, notamment les médias. Le pouvoir en est le premier responsable. Je dis bien « premier » car il y a un deuxième responsable. Les médias privés n’ont su profiter de la liberté d’expression qui existait dans ce pays et qui faisait école dans la région. Ils ont joué aux libertins, allant jusqu’à se faire soupçonner de caisses de résonance de l’opposition. Le pouvoir, sur le qui-vive, ne pouvait pas rester dans l’inaction.

  3. Rien d’etonnant dans le pays dirige par les barbares et sauvages.
    C’est le quotidien des autres Burundais qui n’acceptent pas le forcing du click des dd
    a la tete duquel se trouve nkurunziza.

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