Après les mots, les médias attendent des actes des autorités

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Innocent Muhozi, directeur de la radiotélévision Renaissance, au tribunal de Bujumbura le 22 mai 2015. AFP PHOTO / CARL DE SOUZA

Au Burundi, les journalistes sont également victimes de la crise qui touche le pays depuis le printemps. Plusieurs dizaines d’entre eux, qui travaillaient dans des médias indépendants, ont dû fuir le Burundi, à cause de menaces. Les autorités tentent de rassurer, mais selon Innocent Muhozi, directeur de la radio-télévision Renaissance, la situation des journalistes demeure préoccupante.

« Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où les médias sont absents. » Le porte-parole du service de renseignement burundais s’est exprimé jeudi sur notre antenne. Il assure que le pouvoir a entamé des réunions avec les médias pour assurer le travail des journalistes dans le pays. Si les responsables des entreprises de presse accueillent ces propos avec soulagement, ils attendent maintenant des actes.

« Je préfère entendre ce genre de chose, c’est déjà bien qu’il nous le dise et qu’il le pense, je l’espère, lui répond ainsi Innocent Muhozi directeur de la radio télévision Renaissance et président de l’Observatoire de la presse au Burundi. Maintenant il faut que ça se traduise par les actes parce que pour l’instant ce qui se passe, c’est que l’on fait tout pour qu’il n’y ait pas de médias indépendants dans ce pays, c’est aussi simple et évident que ça. » Si Innocent Muhozi reconnaît avoir participé à des rencontres informelles avec des représentants de l’Etat, il affirme n’avoir assisté à aucune table ronde officielle.

Selon Innocent Muhozi, la situation est plus que préoccupante, et plus de 70 journalistes de médias indépendants qui sont partis en exil dans les pays voisins ou un peu plus loin. « C’est vous dire que c’est une situation extrême quand même. Les gens sont régulièrement menacés. Je ne souhaite plus envoyer mes collègues dans certains endroits parce que j’ai peur pour leur vie. »

À cette insécurité physique, s’ajoute une insécurité financière

Or selon lui, cette insécurité est liée aux décisions de justice qui ont été prises. « Sur décision du procureur général de la République, il y a des policiers qui nous empêchent d’entrer dans nos bureaux », poursuit-il.

En outre, à cette insécurité physique, s’ajoute une insécurité financière, avec la crise économique générée par ces troubles. « Si les logiques actuelles persistent évidemment qu’il y a un gros problème. On voit déjà détruire toute notre économie parce que si vous passez des mois sans travailler, ça veut dire que vous n’avez plus de revenus, vous n’avez plus d’activité, vous n’arrivez plus à payer les gens, les gens sont complètement mis sur le carreau. »

D’un point de vue sécuritaire et financier, il y a donc un vrai problème. « Il faut toujours se relever. Maintenant, s’il y a une volonté de changer cela, c’est bienvenu, ce serait parfait, mais on ne demande qu’à voir. »

Un appel à la communauté internationale

La situation des journalistes burundais préoccupe au-delà des frontières du pays. Le directeur pour l’Afrique de la Fédération internationale des journalistes, Gabriel Baglo, souhaite que la question des journalistes burundais soit davantage défendue par la communauté internationale. « Nous ne voyons aucun signe dans les discussions actuelles par rapport à une solution apportée aux médias et à nos collègues qui sont partis en exil », constate-t-il.

« Notre appel aux représentants des Nations unies et de l’Union africaine, c’est qu’ils placent au cœur des discussions qu’ils ont actuellement, la question des médias, de leur indépendance, de la sécurité des journalistes et surtout de tous les collègues exilés pour permettre à ces journalistes exilés de pouvoir rentrer au pays et reprendre le travail », explique-t-il.

A Washington, le directeur Afrique du département d’Etat, Robert Jackson, demande le rétablissement de la liberté de travailler pour tous les journalistes burundais. « La situation de la presse, le fait qu’il y ait beaucoup de manifestants qui restent en prison, les assassinats, nous préoccupent énormément », témoigne-t-il. « Nous avons dit plusieurs fois, et je vais le répéter, que nous appelons tous les partis à entrer dans un dialogue, que nous demandons au gouvernement de respecter la liberté d’expression et de la presse et qu’on permette de rouvrir les stations de radio qui ont été fermées avant les élections », souligne-t-il.

le 14-08-2015 à 23:41, http://www.rfi.fr/afrique

Publié le 15 août 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Nkurunziza ne poura pas reouvrir les medias prives. Il les a fait brules pour une raison. On ne sait pas ce que son labo est en train de fabriquer pour remplacer ces radios. J’ai pitie de ces journalistes mis en chommage qui n’auront pas justice tant que le regime Nkurunziza existe. Mais il faut garder l’espoir. Who knows ?

  2. Nkurunziza ne poura reouvrir les medias prives. Il les a fait bruler pour une raison. On ne sait pas ce que son labo est en train de fabriquer pour remplacer ces radios. J’ai pitie de ces journalistes mis en chommage qui n’auront pas justice tant que le regime Nkurunziza existe. Mais il faut garder l’espoir. Who knows ?

  3. None amakungu ubu ntabonye ko nkurunziza ashaka ko ubwicanyi arikoakorabutamenyekana?Amaradiyo igihe cose azokwugururirwa azoshira ahabona ivyakozwe nabo ba escadrons de la mort.babihishe abantu,imana ibigaragaze kuko ijambo ryayo rivuga ngo urabikora nanje ngahora ukibaza ko mpwanye nawe gose nzoguhana ndabishire imbere y’amaso yawe.nawene ni uko

  4. ukuri gutegerezwa gushikira abanyagihugu bose bakamenya ivyigihugu cabo kuko ils y ont droit

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