Deux semaines après l’assassinat du chef des renseignements et numéro deux du régime, le général Adolphe Nshimirimana, c’est une personnalité de son rang, mais appartenant à l’ancien camp adverse, qui a été abattu : le colonel Jean Bikomagu a été pris pour cible par des motards qui ont pris la fuite après avoir ouvert le feu sur lui en plein Bujumbura.

Un assassinat qui ressemble à une vengeance

Aujourd’hui retraité, le colonel Bikomagu est resté une personnalité connue au Burundi : militaire de haut rang du temps du président Buyoya, il garda son poste de chef d’état-major sous la présidence de Melchior Ndadaye, le premier président hutu élu en 1993 et qui fut assassiné par des militaires tutsis en octobre de la même année. A l’époque, le nom du colonel Bikomagu fut cité parmi les complices de cet assassinat mais rien ne put jamais être démontré. Ce qui est certain, c’est que, jouissant d’un grand prestige au sein des forces armées, le colonel Bikomagu s’opposa aux mouvements rebelles hutus qui virent le jour après l’assassinat de Ndadaye, parmi lesquels le CNDD (Conseil national pour la défense de la démocratie) aujourd’hui au pouvoir).

Il a suivi dans la mort son adversaire de naguère, le général Adolphe Nshimirimana et cet assassinat, qui ressemble clairement à une vengeance a encore fait monter la tension au Burundi.

COLETTE BRAECKMAN, samedi 15 août 2015, 21h43, http://www.lesoir.be