Assassinats répétés au Burundi: A qui le tour ?

ASSASSINATS REPETES AU BURUNDI :
A qui le tour ?

https://i1.wp.com/s1.lemde.fr/image/2015/05/23/768x0/4639453_6_4311_des-forces-de-securite-protegent-le_01bf76817838c05eab4a04d814cb219a.jpgIl y a deux semaines, le général Adolphe, le patron de de la sécurité intérieure qui passait pour être le numéro 2 du pouvoir burundais, était assassiné à Bujumbura. Pendant que les autorités étaient en train de mettre aux arrêts les présumés membres du commando qui ont posé cet acte ignoble, un autre assassinat ciblé s’est produit le 15 août dernier. La victime n’est autre que l’ancien chef d’Etat-major, le colonel à la retraite Jean Bikomagu. L’infortuné, rappelons-le, était à la tête de l’armée tout au long  de la guerre civile (1993-2006) durant laquelle les ex-FAB (Forces armées burundaises) dominées par la minorité tutsie, s’étaient battues contre les anciens mouvements rebelles hutus, essentiellement les ex-rebelles du CNDD/FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie / Forces du défense de la démocratie) aujourd’hui au pouvoir.

Nkurunziza semble ne pas laisser à l’opposition d’autre  choix que celui de se faire entendre par la violence

Selon le porte-parole du « Mouvement d’Arusha », Jérémie Minani, qui milite contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, l’assassinat du colonel Bikomagu pourrait être perçu comme un acte orchestré par le pouvoir en représailles à l’assassinat du général Adolphe. De ce fait, il évoque l’hypothèse de conséquences dramatiques pour le pays en ces termes : « Ça risque de provoquer une implosion de notre armée, parce que Jean Bikomagu symbolisait beaucoup de choses pour les ex-forces armées burundaises ». Il craint donc la possibilité d’un affrontement entre les ex-FAB et les forces de sécurité issues de la rébellion CNDD/FDD.

Mais au sommet de l’Etat, cette hypothèse est balayée du revers de la main. En effet, le porte-parole de la présidence, Gervais Abayeho, a tenu à assurer que « cet assassinat comme celui du général Adolphe, ne feront pas du tout retourner le Burundi en arrière, en termes de paix, de réconciliation, que ce soit au niveau de l’armée ou de la population ».

Il faut souhaiter que les jours à venir donnent raison au porte-parole de la présidence. Mais force est de reconnaître que le Burundi est plus que jamais au bord de la guerre civile. Les signes précurseurs sont déjà visibles. En effet, Nkurunziza, après son passage en force pour préserver son fauteuil, et ce, en s’asseyant sur l’accord d’Arusha grâce auquel, il faut le rappeler, le Burundi avait émergé de la nuit noire de la guerre civile pour aller à la lumière, semble ne pas laisser à l’opposition d’autre  choix que celui de se faire entendre par la violence.

Cette alternative est d’autant plus envisageable que l’opposition a du mal à  s’exprimer sur le terrain politique, au regard de l’interdiction qui lui avait été faite par le pouvoir, de manifester. De ce fait, elle est obligée de ruminer dans le silence ses nombreuses frustrations. Une telle situation prédispose à la guerre. Les signes avant-coureurs d’une telle éventualité, peut-on dire, sont déjà là. En effet, les assassinats à répétition dont sont victimes à la fois les hommes au pouvoir et les opposants, sont suffisamment parlants. La situation est telle que chaque Burundais, en se levant de son lit, est en droit de se poser la question suivante : à qui le tour ? Et cette question hantera les esprits dans ce pays, tant que les contradictions politiques ne seront pas résolues par le droit. Or, Nkurunziza n’est pas un homme susceptible de s’inscrire dans un schéma de résolution pacifique de la grave crise politique que vit son pays.

Il faut craindre que la situation au Burundi ne vire à une situation de déflagration totale

De toute évidence, l’homme n’a pas réussi à se débarrasser de ses habits de chef de guerre qu’il avait longtemps portés pendant qu’il était dans le maquis, pour revêtir ceux de démocrate et d’homme d’Etat. Tout laisse croire que ce n’est donc pas demain la veille qu’il va opérer cette mue. Et il est encouragé en cela par le comportement de presque l’ensemble de ses pairs de la sous-région. Tous, à l’exception du président tanzanien, passent pour être de redoutables prédateurs confirmés de la démocratie devant l’Eternel. Et ce ne sont pas les sorties timides de la communauté internationale avec à sa tête les Nations unies, dans lesquelles elle rappelle, pour se donner bonne conscience, les principes élémentaires de la démocratie, qui peuvent freiner leur boulimie du pouvoir. Les peuples de ces pays sont, de ce fait, orphelins. Ils ne peuvent compter que sur leur seule détermination à se battre pour se défaire de leurs chaînes. Il faut craindre que la situation au Burundi, qui s’apparente actuellement à une sorte de vendetta, ne vire à une situation de déflagration totale à laquelle pourrait ne pas survivre le petit pays des Grands lacs.

Cette inquiétude est d’autant plus fondée qu’à la discorde politique actuelle, pourraient  se greffer des  considérations ethniques entre Tutsis et Hutus. Ces clivages que l’accord d’Arusha avait réglés par un savant dosage dans la répartition des responsabilités politiques entre ces deux groupes, pourraient refaire surface à la faveur de la tournure prise par les événements. Certes, ces clivages peuvent être imputés à la colonisation belge qui, pour mieux régner, avait installé le pays dans une logique manichéenne, mais il faut reconnaître qu’après les Belges, les hommes politiques du pays ont repris le relais en surfant sur cette réalité historique absurde, pour conquérir le pouvoir d’Etat. Nkurunziza, même s’il s’en défend, pourrait ne pas se gêner, pour conserver son pouvoir, de se faire passer pour le redresseur des torts subis par la communauté hutu majoritaire dont il est membre. Un tel scénario est d’autant plus à craindre que cela risque de réveiller les vieux démons de la haine ethnique chez le voisin rwandais qui, on se rappelle, avait vécu l’un des plus grands génocides de l’époque contemporaine entre 1993 et 1994.

Toute chose qui devrait interpeller la communauté internationale à agir ici et maintenant, dans le but d’éviter au Burundi de vivre un tel drame.

A moins qu’elle ne veuille, comme ce fut le cas du Rwanda, intervenir après coup, pour s’émouvoir ensuite en faisant le décompte macabre des victimes.

« Le Pays » 

Publié le 17 août 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 11 Commentaires.

  1. WITH PRAYERS EVERYTHING WILL BE OK.

  2. Barundi, barundikazi, ncuti z’Uburundi! Ibihe tugezemwo s’ivyo gukinisha amajambo! Ivyabaye mu Burundi bwacu, kiretse abatari bwavuke canke abashaka kwirengagiza ukuri, twese turabizi, nta kamaro rero ko guta amajambo adakenewe! Twese turazi ko amakosa yabaye ku mpande zose. Baba abahutu canke abatutsi, bose baragize uruhara mu bwicanyi bwapfakaje abavyeyi bukongera bukagira imfuvyi abana benshi! Nico gituma rero twese tworengera ibishobisho turamutse tugira ivyiyumviro dutereye tukabitanga ataho duhengamiye kugira ngo Uburundi buve mu vyara vy’abashira inda zabo imbere, aho kurondera amahoro! Muvasoni Rose Hakizimana, burya ntihishwe abatutsi gusa, reka kwirengagiza ukuri! Hamwe hoba amatohoza nyakuri, ntawuzi ko yohava yerekana ko hapfuye abatutsi benshi kurusha abahutu canke abahutu benshi kurusha abatutsi. Ivyo ntawoshobora kubivuga atishimikije amatohoza yakozwe mu kuri!

    Nawe CUMACINDUBARUBA nico kimwe: si Bikomagu we nyene yishe, hari abandi benshi kandi bazwi no ku ruhande rw’abahutu uyu musi bidegemvya. Hamwe rero woca ugira uti bose n’ukubamarira ku buhomba, sinibaza ko hari akunguko vyozanira igihugu, kuko kwoba ari ukwongerereza amaraso mu yandi!
    Ahubwo twosaba ko hoba amahoro n’intwaro ihumuriza bose hanyuma ivyo bibazo vy’abagirizwa ubwicanyi n’ayandi mabi bikazokwicarirwa biciye mu nzira y’ubutungane ataho buhengamiye, budakoreshwa n’ubutegetsi nk’uko twagiye turabibona mu ntwaro zahitiye.

    Ikizwi co n’iki: ababuze ababo nibo babazi eka mbere n’ababishe barabazi! Inyuma ya vyose abapfuye n’Abarundi kandi twotegerejwe kugira uko dushoboye kwose kugira ngo ako kabi kabishe ntigasubire gufutanya igihugu cacu! Impari z’ukwagirizanya ntaho zishikana! Nimwigumye twese tugire umutima umwe wo guharanira kazoza keza k’igihugu cacu!
    Murakoze!

  3. Est-ce que vous êtes vraiment sûrs que bikomagu est lui qui a tué ndadaye, ou vous vous laissez abonder dans le sens des rumeurs? Le Frodebu au pouvoir n’y a rien fait, le cndd/fdd mêmement! None murashyalka ko bigenda gute? Yari kwigemura mur butabera? Urufu n’imfane!

    Et vous dites ko intambara bayihereje rimwe! Plutôt igiye gutangura: la preuve n’uko ubu abatutsi nta yindi nzira Leta ibasigiye, kuko nkurunziza ntavuga, avuze naho asigaye avuga amacakubiri gusa.
    Iyo Leta qui ne prend pas en charge la gestion de la crise pousse indirectement le peuple à la confrontation armée.
    Il faut sortir du silence, montrer clairement que les autorités sont contre la violence, rassurer tous en mettant fin à l’impunité ambiante, bref, sevir contre la violence des imbonerakure et des agents des services de sécurité.
    Abashigikiye ubutegetsi ntibishimire ko police n’igisoda biri kuruhande rwabo, birashobora guhinduka kuko naho biri uko, barazi neza ko bariko bakoreshwa amakosa, mission yabo si iyo kugwana na bamwe contre abandi, mais de kubanguranya et rassurer tous.

    Kenshi ubutegetsi buvuga ngo la « communauté internationale irahendwa na opposition », kandi Leta ifise du personnel payé pour kuyivugira! Pourquoi? Parce que les diplomates n’ont été nommés pour leurs compétences. Ils ne font rien, ou ne savent pas comment défendre le gouvernement.
    Que diront les autorités quand bientôt elle décrètera l’embargo sur les armes pour le burundi?
    Ce sera trop tard pour le gvnmt, opposition izahita iyifatishya intoke! Niko byagendecyeye habyara muri 94. Donc, kuvuga ngo uburundi bgacyu ni souverain ntibuvogerwa ni ibihendwa imbonerakure, ibintazi biriho byohererezwa gufata inzoka! Salut

    • Weho Bitaha, turumva ko uri Umunyarwanda wihisha mu barundi. Teshwa ute. Kandi ngira ndakumenyeshe ko Uburundi ari un Etat Souverain, niyavogerwa izokwivuna. Genda usome Bibiliya urabe Ico Imana ivuga kuri izo nzoka uvuze. Ivuga ngo tuzozikandagira tuzihonyange, kuko twabiherewe ububasha. None izo nzoka zishimikije iki ko atanijambo ry’Imana zifise? Nta ntakebwa inesha uwakebwe kandi ari no kwisezerano ry’Imana.

  4. Haguruka abantu mwese mwanka intwaro yigikenye natwe dufate ibirwanisho twivune ahandiho aba dd baratumara. Uwubishoboye abatere kumwe kwabiyahuzi mafou iyomisega nukuyikubita kumwiriri

  5. Ntitukishire mu kibanza c Ubutungane mbega 1993 ko hishwe abantu ibihumbi bazira ko ari abatutsi urubanza rw ababishe rurihe Raba nubu ubwo butegetsi buriko bugarukana ivyo bakoze muriyo myaka kuko bakoze ihonyabwoko ntibigere bahanwa
    Aho guhanwa bahawe ubutegetsi nico gituma bakinda mu kwica atakibahagarika
    Umushingantahe Bikomagu Jean nashike amahoro kuko yarabaye Intwari yakoze atiziganya mu bihe vyari bigoye gushika aho Uburundi busimba imanga none yishwe nabo
    yashikanye ku butegetsi Yabaye akarorero abarundi bazorabirako Imana imuhe ikibanza kimukwiye yiyitavye avuye kuyipfukamira nimwakire yompi

  6. Sha ntubeshe kabisa, amaraso arahuma!!! hamwe vyoba arivyo ko Bikomagu yishe!!! urumva rero bizokunda abamaze abantu nabo vuba bazovyishura!!!

    None mwomenya abivye, bagatuma abarundi bicwa ninzara nabo bubaka amagorofa nabo bazovyishura gute?

  7. uwicishije inkota nawe azokwicishwa iyindi, bikomagu numwana avutse araziko mubishe ndadaye aza ubwambere kiretse ubutungane bwonyene bubinyegeza kubera gutinya igihagararo c’umuntu, imwaka mirongo ibiri irenga gato yari iheze aheranye urupfu rwa ndadaye ariko murabonako impera n’imperuka amaraso ahuma, niwe yarazi nezako abahutu atabwenge kubamarako ababo ari ivyoroshe. Imana ikora ivyayo ngira izobahuza na ndadaye, ntushobora kwica umuntu ubwagashinyaguro ngo vyijane kuko umuntu si igitugwa ukerera uko ushatse. bikomagu niwe yatumye adolfe aba rurangiranwa kandi bose nibo batanguye intambara ya 1993 none bayihereje riwe.

    • Jewe ndumututsi nibaza kwiyicwa ryabantu bakomey nkabo ba dolofu Na ba bikomagu vyokwigisha abatware ko botwara batwarira Bose. aho bikomagu yatwara igisoda harabaye amakosa kuko ntibari kwica ndadaye kandi ndadaye ntiyishwe numuntu umwe oya yishwe numurwi wabategetsi ico gihe uwo bikomagu yarimwo nico kimwe nuwo dolofu gusa tubuze ubutungane kuko ntanumwe akwiye kwihanira.Haramakosa menshi yakozwe nabatutsi before 93 ubu nabo ariko akorwa nabahutu.Abarundi bahanzwe nubukene uwutwara wese yobaha amahro.abatutsi batwara ntakinini bamariye abatutsi bashize imbere intara imwe gusa which was bad nabahutu nta vyinshi bamariy abanyagihugu none tuze tuvyite inrwara ko abarundi babuze umuyobozi aberey?turatey isoni

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