Un pas de plus vers la guerre civile

https://i1.wp.com/www.lanouvelleexpression.info/media/k2/items/cache/6612da61425d98755836902a8bde1bce_L.jpgDes assassinats sur fonds de vengeance ou de règlements de comptes politiques se multiplient  au Burundi  et  pousse un peu plus le pays vers la guerre civile.

Une vague d’assassinats  à caractère politique  replonge progressivement le Burundi dans la guerre civile. Tué de plusieurs balles le samedi 15 août 2015 dernier devant son domicile à Bujumbura par des inconnus venus à moto, le colonel Jean Bikomagu était un ancien  chef d’état-major des Forces armées burundaises. Sa fille a été blessée au cours de cet acte criminel. Son  assassinat survient après celui du dimanches 2 août 2015du général Adolphe Nshimirimana qui était le principal collaborateur du Président burundais Pierre Nkurunziza, réélu pour un 3ème mandat controversé le 24 juillet dernier. Adolphe Nshimirimana  était aussi  un ancien chef d’état  major de des Forces armées burundaises et  ancien chef des renseignements.  Le général Adolphe Nshimirimana avait été tué en même temps que trois de ses gardes du corps par une grenade qui a visé sa voiture dans le quartier de Kamenge, au  Nord de  Bujumbura.
Meurtres et arrestations massives ciblées
Si colonel Jean Bikomagu était proche de l’opposition, le général Adolphe Nshimirimana était cacique du régime et patron de la milice du pouvoir. Plusieurs opposants politiques ont été victimes de ces attaques dont  les motifs demeurent inconnus et aggravent  le sentiment d’insécurité au sein  de la population. Les Organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent le climat de terreur qui règne au Burundi et  expriment leur  inquiétude «face à la vague d’arrestations» qui a suivi  l’assassinat du général Adolphe Nshimirimana. Plusieurs attaques armées  visant aussi bien des hommes en tenue que des civils dont des acteurs de la scène politique et associative ont été perpétrées par des individus non identifiées à Bujumbura et sa périphérie.  Président de la Ligue burundaise des droits de l’Homme Iteka (Dignité en Kirundi),  Anadolu Anschaire Nikoyagize a réagi sur ce qui se passe après ces assassinats.

Observant que «près d’une dizaine de personnes ont été arrêtées par la police dans des circonstances obscures (…)»,  M. Nikoyagize a fait savoir que «les interpellations se poursuivent dans plusieurs quartiers de la ville de Bujumbura pour des raisons non encore connues, le premier à avoir été arrêté après ce crime est le commandant du camp militaire de Ngagara (mairie de Bujumbura), le colonel Ndenzako, qui a été libéré à l’issue de deux heures d’interrogatoire dans les locaux des services de renseignements, deux autres personnes, Régis et Thierry Ntibasame, ont, en outre, été arrêtées dans la commune urbaine de Ngagara, près du lieu du crime et nous sommes encore sans nouvelles d’eux», a indiqué Anadolu Anschaire Nikoyagize.
Démasquer et punir  les  coupables
Ce dernier  craint que «des personnes innocentes et sans aucun lien avec cet assassinat ne soient arrêtées et torturées pour avouer de force des actes qu’elles n’ont pas commis».  Peu après  l’assassinat d’Adolphe Nshimirimana, la police avait investi les quartiers contestataires du 3ème mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza, notamment  Ngagara,  Nyakabiga et Jabe où  plusieurs personnes auraient été arrêtées :  «Je me demande si toutes ces personnes sont, réellement, impliquées dans cet assassinat ou si la police ne va pas trop vite pour respecter le délai d’une semaine qui lui a été accordé par le président Nkurunziza pour trouver les auteurs de ce crime», a ajouté  le président de la Ligue burundaise des droits de l’Homme.
Dans un communiqué de presse,  l’Observatoire de l’Action Gouvernementale (Oag), une autre association militant pour la promotion d’un Etat de droit au Burundi, avait  demandé à la justice «d’enquêter sans à priori sur les différents cas d’assassinats  afin de démasquer et punir seuls  les coupables» et invité la police  de «ne plus recourir à la torture pour arracher des aveux ou punir les présumés coupables». Le bilan des morts enregistrés depuis que le président Pierre Nkurunziza a décidé le samedi 25 avril dernier de briguer un 3 ème mandat ne cesse de s’élever. Cette crise a coûté la vie à plus d’une centaine de personnes,  selon l’Aprodh, l’association burundaise de défense des droits de l’Homme et des prisonniers.

Écrit par  Edmond Kamguia K., mardi, Aoû 18 2015, http://www.lanouvelleexpression.info

Publié le 20 août 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Ariko arogoto icokivume
    Avuga imana kurundi ruhande agaha inkoho abicanyi ntamana murikumwe nicogituma ukora ibintu nkivyumusazi

Bienvenue sur notre forum de discussion. Postez votre commentaire en restant courtois et poli. Les commentaires redigés en MAJUSCULES ne passeront pas. Merci.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :