Discours à la Nation de l’Honorable NYANGOMA Léonard (version française)

DISCOURS A LA NATION DE L’HONORABLE LEONARD NYANGOMA, PRÉSIDENT DU CNARED, A L’OCCASION DE LA FIN DU MANDAT DE PIERRE NKURUNZIZA A DIRIGER LE BURUNDI.

Burundaises, Burundais, chers compatriotes,

NYAGOMA LeonardAu nom de la coalition CNARED et en mon nom propre, j’ai l’honneur de vous adresser mes cordiales salutations. Je vous souhaite une bonne santé, du courage et de la  patience face aux dures épreuves infligées par le régime inqualifiable de Pierre Nkurunziza depuis 2005.

Nul n’ignore que le peuple  Burundais ainsi que la Communauté Internationale, comptent sur le Conseil récemment formé le CNARED. Tous attendent de lui un porte-flambeau pour la sortie de l’obscurantisme dans lequel ce régime nous a plongés pendant dix longues années.

Le CNARED arrive à point nommé. Il  arrive au moment où ceux qui, durant dix ans ont fait semblant de gouverner le Burundi, s’apprêtaient à  le jeter dans le précipice. Il vient au moment où tous les Burundais sont harassés, perdent les leurs au quotidien, prennent le chemin de l’exil laissant à l’abandon leurs biens et leurs propriétés; sont  en train d’être massacrés par ceux-là mêmes qui devraient les protéger, ne savent plus que faire et implorent le ciel en se demandant quand enfin ils pourront être délivrés du fardeau maudit.

Le CNARED entend les pleurs des Burundais, il entend la tristesse des populations persécutées par le pouvoir tyrannique de Nkurunziza. Il arrive comme la solution aux malheurs qui assaillent le peuple burundais.

Nul n’ignore ce qui a caractérisé le régime destructeur de Nkurunziza, point n’est besoin de le ressasser. Vous avez tous vu  le pouvoir faire du vol et de la corruption son point d’honneur, brader aux enchères le patrimoine de l’Etat aux étrangers sans aucun bénéfice pour la population, juste à cause des pots-de-vin perçus par les dirigeants. Vous avez tous vu et vécu un pouvoir qui fait de l’assassinat un motif de fierté !

Les radios qui nous informaient au quotidien ont été incendiées et les journalistes ont pris le chemin de l’exil. Poussant son cynisme au sommet de son sadisme, Nkurunziza, homme sans-coeur, n’a pas manqué de cracher ses moqueries habituelles disant qu’ils avaient fui la rumeur!

Etant donné que Nkurunziza ne privilégie pas les projets de développement et le progrès, notre cher pays le Burundi est devenu le deuxième pays le plus pauvre du monde.

Dites-moi, chers compatriotes, quel est ce peuple plus travailleur et plus  laborieux que le peuple burundais ?  Quel est ce peuple qui puisse cultiver et entretenir les champs plus que nos cultivateurs ?  Voilà pourquoi nous disons que le Burundi n’est pas pauvre, mais qu’il a été appauvri! Il a été dirigé par des bandits, il a été gouverné par des assassins, des „ventriotes“, des sans foi ni loi !

Et voici que maintenant expire leur mandat. A partir de ce 26 août 2015, ils ne seront plus en charge des affaires de la République du Burundi. Malgré leur fin de règne, ils risquent de ne pas partir et continuer à s’accrocher. La lutte qui s’annonce maintenant est celle de les décrocher du pouvoir.

Chers compatriotes,

Nous nous en voudrions sans vous rappeler qu’en  date du 1er août 2015, des Burundais épris de Paix et de Démocratie, issus de différents partis politiques, de différentes associations de la société civile,  en collaboration avec les anciens Chefs d’Etat et d’autres acteurs politiques résidants au Burundi et à l’étranger, se sont réunis à Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie et en même temps siège de l’Union Africaine, et ont décidé de  former le Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la Réconciliation au Burundi   et de l’Etat de Droit, CNARED en sigle.

En ce jour où nous disons adieu au dernier mandat de Nkurunziza, nous voulons  réitérer devant la communauté nationale et internationale, la position du CNARED au sujet de ce mandat illégal et illégitime.

Pour nous, Nkurunziza n’a plus aucune légitimité pour diriger le Burundi pour un troisième mandat,   étant donné que cela est contraire aux accords d’Arusha et à la constitution. En ce jour du 26 août 2015 à minuit, Nkurunziza aura  bouclé son mandat à la tête du Burundi et du peuple burundais.

Au cas où il s’entêtait et continuait à s’accrocher au pouvoir, toute la population, surtout  celle qui soutient le CNARED prendra Nkurunziza comme un putschiste, un rebelle. Et tout le monde  sait que la place des rebelles dans les institutions de la République n’est pas au palais présidentiel.

C’est cette manière de s’emparer du pouvoir par la force et de s’y cramponner, qui n’est autre qu’un coup d’Etat, que nous avons combattu dans le passé et que nous continuons à combattre.

Le CNARED demande à Nkurunziza que, au lieu de jurer d’être un lourd fardeau pour le peuple burundais, qu’il jure plutôt pour un allègement du malheur qu’il inflige à la nation burundaise, qu’il parte aussi tôt !

Et pour que son départ lui soit plus ou moins honorable, qu’il entre directement en négociations menant le Burundi vers la sortie de crise et le développement. Et ces négociations qui devraient être faites sans aucune réticence concernent son camp et les représentants du CNARED. Lors de ces pourparlers, nous l’aiderons à se retirer sans perdre la face, à partir en paix, pour son propre avantage et à l’avantage des Burundais.

Les points qui seront traités lors de ces négociations sont entre autres les suivants :

  • Convenir des modalités du départ de Nkurunziza pour son bien et celui des Burundais ;
  • Convenir de la mise en place des institutions de transition  et de leurs principales missions, notamment :
    • Ramener le climat sociopolitique apaisé, surtout la sécurité dans tout le pays, avec le désarmement de tous les  groupes armés ;
    • Convenir de la durée de la transition afin de bien préparer des élections dignes de ce nom. Des élections qui  permettront aux citoyens burundais   de sortir de la misère et de prospérer au lieu de fuir leur pays et d’être objets de persécution pour le simple fait qu’ils ne sont pas du bord des dirigeants ;
    • Mettre en place un plan de rapatriement des réfugiés, des acteurs politiques et des activistes  de la société civile poussés à l’exil par le régime de Nkurunziza ;
    • Mettre en place un plan de réhabilitation et de remise en fonction des radios qui ont été sauvagement détruites par le pouvoir de Nkurunziza. Ici nous ferons appel au concours des partenaires du Burundi ;

Si jamais Nkurunziza reste sourd et continue à aller contre la volonté du peuple burundais, le CNARED ne restera pas les bras croisés.  Assassiner les populations, les spolier et les acculer à l’exil n’est pas du spectacle. Le CNARED n’a pas été formé pour assister au spectacle de la terreur et de l’extermination des Burundais.

Soyez rassurés, tous nous unirons nos forces pour que la démocratie à laquelle nous avons déjà goûté ne régresse pas.

Chers compatriotes,

Vous le savez déjà, vous avez déjà vu que  quand un peuple s’unit et se lève massivement, rien ne peut lui résister, même le régime le plus entêté et le plus cruel finit par tomber.

Le CNARED demande à tous les Burundais, où qu’ils soient, quels qu’ils soient, de toutes les régions, de tous les quartiers, de la diaspora; les pauvres, les riches, les petits et les grands, les jeunes, les vieux, les femmes etc. ;  à tous nous demandons de  rester fermes, vigilants,  surtout en ces jours où Nkurunziza a décidé de dédaigner et défier la nation et la communauté internationale.   N’acceptez jamais  qu’un seul individu fasse descendre notre pays tout droit vers l’enfer.

A ceux qui hésitent encore, nous leur demandons de revoir votre position, nous leur demandons de  comprendre que le combat pour la réhabilitation votre dignité est arrivé à son étape ultime et victorieuse.

Tous les Burundais sont conviés à se lever ensemble pour empêcher Nkurunziza à piétiner les Accords d’Arusha et la Constitution qui en découle, car Nkurunziza porte des coups mortels au coeur même du Burundi. Et vous le savez très bien, quand le cœur s’arrête, c’est la mort définitive. Et nous ne saurions l’accepter,  car là où il y a des braves, ils évitent toujours la catastrophe.

Chers compatriotes, chers jeunes, chers membres des corps de défense et de sécurité,  vous tous soldats et policiers,

Que personne ne reste indifférent, ou dise que nous voulons lui attirer des ennuis, car quand le pays est dirigé de travers, tout citoyen qui y réside, même s’il est étranger, subit les contrecoups de l’oppression.

Nous vous rappelons que parmi les principales missions des forces de défense et de sécurité, figure la défense de l’indépendance et de la souveraineté, la défense de la dignité de notre pays et de tous les Burundais. Que personne n’accepte donc de voir notre pays tomber à la ruine totale à cause de l’entêtement d’un seul individu!

Si Nkurunziza refuse d’écouter le peuple burundais, que les forces armées comprennent que leur devoir est de se lever pour défendre la souveraineté nationale, tel que des foules de nos citoyens, les jeunes particulièrement, l’ont commencé depuis le 26 avril 2015.

Nous sollicitons l’appui de tout le monde pour décrier et chasser le pouvoir  dictatorial en place. Dans cette tâche, les forces de défense et de sécurité sont concernées au premier niveau. Ce sont elles, en effet, qui sont chargées de la de la sécurité et de la protection du pays.

Que personne  ne commette la bévue  de retourner les moyens de protection du pays et des citoyens contre ceux-là même qui devraient être protégés et qui crient au changement! Celui qui le fera ne se heurtera  pas seulement à notre résistance, même aussi à la justice internationale qui observe et qui agira absolument contre les criminels!

A ce titre, nous en profitons pour adresser nos remerciements les plus sincères à la France pour avoir déjà invité des juges d’instruction internationaux et de nombreux témoins, y compris des Burundais, afin que le 27 septembre 2015, l’instance chargée de la justice internationale (Tribunal Russel) analyse la question  des criminels  du pouvoir  de Nkurunziza. Bientôt ils vont faire face à la rigueur de la loi!

Nous remercions également le Tribunal International de La Haye pour la réponse qu’elle nous a récemment transmise suite à notre plainte contre le pouvoir criminel de Nkurunziza. La Cour Pénale Internationale a  reconnu que nos plaintes étaient recevables et qu’elle allait faire diligence pour  leur donner suite.

Quant aux cachots dans lesquels les criminels de Bujumbura  sont en train d’entasser  nos citoyens innocents, bientôt nous allons les en sortir  et eux-mêmes vont devoir y entrer!

Bref, la lutte du CNARED vise à rendre au Burundi  et à ses citoyens leur dignité. Nous devons cesser de régresser. Nous devons éviter de tourner en rond, nous avons besoin d’avancer vers le développement et la prospérité en évitant surtout les erreurs du passé.

En conclusion, nous voudrions vous encourager et vous rassurer que le CNARED a le souci constant de remettre le pays sur les rails de la démocratie, de la paix et la réconciliation nationale que les accords d’Arusha nous avaient assurée.

Chaque citoyen doit retrouver la paix et la stabilité dans ses biens et dans sa famille. Il ne doit pas être constamment déstabilisé par le simple fait que sa position politique et ses propos ne plaisent pas à Nkurunziza. C’est une abomination qu’il faut éradiquer !

La coalition CNARED demande à la  toute communauté internationale: UA, ONU, UE, à tous les partenaires du Burundi, de ne pas remettre en cause leur position en reconnaissant le pouvoir dictatorial de Nkurunziza. Ils doivent continuer à le condamner et à le mettre en quarantaine. Nous leur demandons de prendre toutes les mesures nécessaires pour nous soutenir, afin que nous puissions réhabiliter la dignité de notre pays et de tous les Burundais.

Concernant la pression à exercer sur le pouvoir Nkurunziza pour qu’il cesse de mettre l’Etat en ruine,  nous sommes conscients que la grande tâche incombe aux citoyens burundais eux-mêmes. Mais nous ne saurions pas réussir cette mission sans appuis de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux. Ces appuis exprimés sous forme de contraignantes envers le pouvoir Nkurunziza seraient notamment :

  1. Expulsion immédiate des diplomates représentants de Nkurunziza ;
  2. Refus de visas à tous les dirigeants du régime corrompu de Nkurunziza ;
  3. Suspensions complète de tout appui financier au régime de Nkurunziza, seul l’appui direct aux populations reste le  bienvenu ;
  4. Contraindre le pouvoir têtu de Nkurunziza à commencer sans délais les négociations avec son opposition. Comme cela s’est vu par le passé, la communauté internationale est priée de redoubler de volonté et d’effort pour aider les Burundais à emprunter la voie des pourparlers.

Que la Communauté Internationale soit consciente que s’installer au pouvoir après violation flagrante de la loi fondamentale de son pays et des accords internationaux, ne diffèrent en rien d’un coup d’Etat ;

5. Que nos partenaires étrangers ne soutiennent pas un pouvoir ayant fait la tyrannie et d’exclusion son mode de gouvernance ; ce genre de régimes conduisent fatalement les populations à l’étouffement, jusqu’à les acculer à l’auto-défense et à la violence destructrice du tissus socio-politique, économiques, etc.  Le Burundi a vu dans son passé assez de sang, voire trop de sang  de ses enfants versé, ça doit cesser! Et plus Nkurunziza s’accrochera au pouvoir, plus il sera comptable de tout les crimes humanitaires commis !

Souvenez-vous chers compatriotes de la sagesse burundaise qui dit : « Imana ifasha uwifashije » (Aide-toi et le ciel t’aidera). Levez-vous donc comme un seul homme afin que nous redressions le Burundi.  Etant donné que nous avons franchi l’étape décisive de mettre en place le CNARED,  Conseil qui rassemblent tous les Burundais qui veulent sortir du chaos actuel, la solution est à portée de main. Tous ensemble et unis, nous vaincrons !

Vive le Burundi et l’Etat de droit

Vive le CNARED

Vive la paix

Je vous remercie

Fait à Bujumbura le 26/08/2015

Pour le CNARED

Léonard NYANGOMA

Président du CNARED

Publié le 30 août 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. QUI VIVRA VERRA

  2. Mais a part chasser Pita e sa bande de voyous, quel est votre programme? C’est important de savoir ce qui se passera après.

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