Les ingrédients d’un nouveau conflit armé semblent réunis

+005La présidentielle a ainsi eu lieu le 21 juillet, Pierre Nkurunziza donnant une preuve de plus au monde entier qu’il n’entend pas reculer d’une semelle.

« Plus la répression va s’intensifier, plus le risque sera grand pour l’opposition aussi de recourir à l’usage de la force. Et cela risque d’engendrer un engrenage de la violence. Beaucoup d’acteurs nationaux et internationaux craignent que le pays ne replonge dans une guerre civile et appellent à plus de retenue au niveau interne et de vigilance de la part de la communauté internationale ».

Ces propos du jeune analyste burundais René- Claude Niyonkuru, dans un entretien en mai dernier avec JusticeInfo.Net, n’ont pas été entendus. Ni par le président Pierre Nkurunziza, ni par la communauté internationale.

Le régime a poursuivi la répression contre les adversaires au troisième mandat de Nkurunziza, qui, encouragé par le manque de fermeté de la part de la communauté internationale, a organisé le processus électoral tant controversé.

La présidentielle a ainsi eu lieu le 21 juillet, Pierre Nkurunziza donnant une preuve de plus au monde entier qu’il n’entend pas reculer d’une semelle.

Deux événements particulièrement alarmants ont suivi. Le 2 août, un fidèle parmi les fidèles du président, le général Adolphe Nshimirimana, ancien chef d’état-major de l’ex-rébellion CNDD-FDD, est tué à Bujumbura dans une attaque à la roquette. Cet assassinat est-il ou non une réaction à l’intransigeance du chef de l’Etat ?

Où est- il le fait du camp présidentiel qui voudrait ainsi donner le change ? Seule une enquête indépendante, mais alors vraiment indépendante, le dira.

Une chose est cependant sûre : l’attentat est intimement lié à la crise dans laquelle le Burundi s’enfonce chaque jour de plus en plus.

Victoire à la Pyrrhus

Deux semaines plus tard, c’est une autre figure emblématique qui tombe, toujours à Bujumbura : le colonel Jean Bikomagu, qui était chef d’état-major de l’armée en 1993, à l’époque de l’assassinat du premier président hutu du Burundi, est abattu devant le portail de sa maison.

Cet ancien officier tutsi était certes à la retraite mais il n’en reste pas moins que le CNDD-FDD gardait une sévère dent contre lui.

Le camp Nkurunziza se serait-il donc ainsi vengé de la mort du général Nshimirimana ? Encore une fois, seule une enquête indépendante permettra de répondre à la question. Mais l’assassinat s’inscrit bien dans le contexte dans la crise actuelle.

Ce qui fait dire à Carina Terstakian, chercheuse principale de Human Rights Watch (HRW), sur le Burundi que le pays « semble se diriger vers une situation de plus en plus incertaine et chaotique ».

C’est donc une sorte de victoire à la Pyrrhus que le président Nkurunziza a savourée lors de son investiture le 20 août. Investiture dans une cérémonie-surprise, presque à la sauvette, comme si son camp était aussi déjà gagné par la peur, comme durant ses années de maquis.

Dès l’annonce de cette prestation de serment, le Conseil national pour le respect de l’Accord d’Arusha et la restauration de l’Etat de Droit (Cnared), créé fin juillet-début août dernier à Addis-Abeba, en Ethiopie, a offert au président Nkurunziza de « discuter avec lui les conditions et les modalités de son départ et de l’organisation de la transition sans lui».

Dans le cas contraire, a ajouté le Cnared, la nouvelle organisation qui regroupe la plupart des opposants au régime, est prête à « prendre d’autres mesures qui s’imposent pour sauver la Nation de cette dérive totalitaire».

Il ne s’agit certainement pas de simples mots si l’on sait que le Cnared compte, dans ses rangs, de nombreux anciens « maquisards » rompus comme son président Léonard Nyangoma.

D’ailleurs Nkurunziza lui-même paraît aujourd’hui incapable de dissimuler son malaise, comme en témoigne son discours en langue burundaise du 26 août alors qu’il présentait son programme pour le nouveau quinquennat.

« Il est demandé aux Comités mixtes de sécurité de travailler jour et nuit pour que ces groupes qui ne cherchent qu’à tuer en perturbant la sécurité, surtout à Bujumbura, soient détruits d’ici deux mois », a-t-il lancé.

« Nous allons dispenser aux Comités mixtes de sécurité des formations qui leur permettront de mieux travailler .La jeunesse va bénéficier d’une formation patriotique et civique obligatoire  surtout les étudiants de l’université ».

Risques de conséquences pour la région dans son ensemble

Des bruits de botte des deux côtés ? En tout cas, relève Thierry Vircoulon du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), « depuis la présidentielle, le Burundi est passé d’une crise électorale à une pré-guérilla ».

« La violence a changé : des assassinats ciblés quotidiens en ville et en province ont succédé aux manifestations brutalement réprimées au printemps durant lesquelles plus de 90 personnes avaient été tuées; les premiers accrochages entre les forces de sécurité et des groupes armés non-identifiés ont eu lieu », constate l’analyste français dans une tribune publiée le 24 août dans L’Opinion.

« Le climat de répression et de peur rappelle les périodes précédant la guerre civile des années 90. Si personne ne sait où et quand l’explosion va se produire, tout le monde la pressent », affirme Vircoulon

Pire encore, en cas d’explosion, c’est toute la région qui risque d’être touchée, selon l’expert. « Les 200 000 réfugiés, les groupes armés transnationaux, l’opposition burundaise au Rwanda et les inimitiés complexes entre les régimes voisins sont autant de facteurs qui régionaliseraient un éventuel conflit burundais.

S’il venait à basculer dans une nouvelle guerre civile, ce n’est pas seulement le pays qui reculerait de dix ans mais la région des Grands Lacs qui reculerait de vingt ans ».

Une peur que partage l’Union africaine. Dans un communiqué rendu public au lendemain de l’assassinat du colonel Bikomagu, la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dhlamini – Zuma affirme que « cet acte ignoble et les multiples autres actes de violence enregistrés ces derniers mois illustrent encore une fois la gravité de la situation que connaît le Burundi et les risques réels de la voir se détériorer davantage, avec des conséquences catastrophiques tant pour le pays lui-même que pour l’ensemble de la région ».

Qu’aura fait cette même Union africaine pour prévenir « ces conséquences catastrophiques ? ».

mardi, 01 septembre 2015 08:58, http://www.fratmat.info/news-en-continu/

Publié le 2 septembre 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 12 Commentaires.

  1. Quand vous parlez de « généralisation du conflit sur la région », c’est sans doute que vous parlez du GENOCIDE qui se prépare et s’applique déjà. On a peur de le dire pour parler de crise socio-politique! il suffit d’analyser ce que font les Imbonerakure, ce que ces groupes de malheur prônent de faire ( une fois leur Nkurunziza ne règnera pas), la politique DD-Nkurunziza d’technisation du conflit, le sort que subit quotidiennement les forces de l’ordre EX-FAB ( policiers et militaires), pour comprendre la réalité de l’Etat critique des minorités (Tutsi) et des opposants au 3eme mandat et à la clique tyrannique de Nkurunziza. Il faut donc appeler le chien par son nom. Que tout Burundais épris de la paix fait tout pour prévenir ou éviter la possibilité d’une hécatombe, aux enfants du Burundi.
    May God save Burundians,

  2. Nashaka mvunire akagohe banyene cite mbere nizindi zose tushirako ivyiyumviro vyacu
    ko boja barashitsa kure ivyo twatanze bakagira suivie ko abo tubishikiriza cane cane abashobora kugira ico bamarira Uburundi ko vyobashikira merci
    message pour Bujumbura news

  3. Je voudre demander a toute les organisations internationaux dont fait partie le Burundi d entendre les cries de la population Burundaise pour les maux les tueries faitent par la police et la milice imbonerakure de Nkurunziza Pierre
    Le Peuple Burundais est laisse a lui meme elle n a pas ni police ni militaire pour sa seculite
    Face a cette malheureuse exsperience nous demandons a Onu et a toutes autres Organisations Internationaux que le Burundi a eu l honneur d adherer de faire secour a ce
    peuple qui est laissea lui meme sans aucun secour
    Et si cela continue la faute sera partage ente Nkurunziza criminel et les Organisations Internationaux qui n ont pas ete a la hauteur de ses obrigations envers les peuples

  4. Harageze ni mba hatarengeranye ko Abasoda batabara Igihugu catewe na bamenja batwagwa na nkurunziza Ikindi nukwo abo base bazi yukwo indyane z amoko zatugejeje kure bari bakwiye kuva hasi bagataka ONU kuko ikibazo ca moko kiriko kirakogwa na
    nkurunziza
    Mukwama ukwo bukeye ukwo bwije arungika Igi polisi n imbonera kure kuja kwica abatutsi
    nukugira batebe bashavure nabo baje mu bahutu gurtyo ca kibazo twanka ko cogaruka
    kibe gishitse Nterakamo relo abakuru b imigambwe n amashirahamwe ya societe civil bereke
    ONU ko Nkurunziza abandanya amasezerano yihaye yoguhonya ubwoko mu nzira yukuvyura indyane mu gihugu

  5. Merci pour cette analyse. Qu’attendez vous de l’UA?EAC avec ce cercle des présidents à grande majorité corrompue, présidents à vie et dictateurs de la sorte?
    Quel est l’intérêt direct des occidentaux pour intervenir à temps?
    Ils ont laissé le génocide s’achever
    au Rwanda, ils assistent les Burundais boire sur le même coup.
    Ils vont déplorer et envoyer les volontaires pour loi soigner les rescapés, non?

  6. cette formation patriotique est en fait un endoctrinement à la guerre tribale nkurunziza veut ethniser le problème du 3ème mandat et nous remener à la guerre ethnique avec les interahamwes et les imbonerakure qui se sont déjà illustrés en torturant les jeunes attrapés par le SNR

  7. L’UE, l’EAC, l’UA, l’ONU et ce que vous appelez en général Communauté internationale, ne sont que des grosses vases vides. Nos dirigeants doivent plutôt faire preuve de responsabilité, d’honnêteté, d’humilité, d’intégrité, de loyauté et surtout de maturité politique!

  8. Nous encourageons nos clairvoyants analystes qui ne cessent de montrer le danger qui guète le Burundi. Nous sommes très degoutés de l’impasse de l’EAC,UA,UE,UN.Les burundais sont tués comme des mouches à la vue de tout le monde et c’est le silence partout.Maintenant,je commence à me poser la question si la l’ONU repond réellement à ses missions. Ailleurs à des conflits simples,nous voyons l’intervetion immediate de l’OTAN.Et c’est l’amour ou la richesse souterraine de ce pays l’OTAN vise Si les choses restent ainsi,nous allons vivre » Revolution time « où l’ONU SERA Remplacée PAR UNE AUTRE ORGANISATION CAPABLE DE DEFENDRE LES INTERETS ET LES DROITS DES HUMAIS AU MEME PIED D’EGALITE

  9. Je ne partage pas cette assertion que  » si le Burundi basculait dans une guerre civile,c’est toute la région qui basculerait ».
    Exactement, il y aura un impact économique, sécuritaire aux frontières des pays voisins du Burundi, mais vu le contexte actuel, ces pays sont dotés des moyens suffisants pour se protéger. L’exemple de la Rdc est frappant, alors que c’est un pays grand et riche que le Burundi.
    Par contre, votre article est très intéressant quand vous dites comment les ingrédients sont réunis pour faire du Burundi un pays en guerre une autre fois.
    Dans ce pays, tout est le jeu du hasard, comme si les décisions qui sont prises, ne sont pas étudiées, même chose pour l’opposition. Il se passe des choses incompréhensibles,celui qui veut comprendre peut chaque fois lire vos publications. Je fais pas de publicité pour votre journal.

  10. Rien.pourquoi le terme genocide n’est pas prononce?biza gutyo ngo ni malaria. vous vous souvenez des execution extra judiciaire post electorales de 2010 ainsi que les portes disparus de la meme annee!? a quand la verite .aujourd’hui quel est le sort des ex-FAB repute tutsi et celui des quartiers cpntestataires reputes tutsi?!les mots du president et de son camp »sont les memes quartiers.pour dire meme en 1993 afin d’eveiller la conscience hutu des leurs tues dans ces quartiers
    .ils gardent une dent donc a vous d’imaginer la suite

  11. Avec toutes ces analyses de la situation au Burundi, si les choses se produisaient, par malheur, comme pressenties! Que dirait l’EAC, l’UA, l’UE et toute la Communauté Internationale? Elle dirait qu’elle ne l’avait su? Il ne faut pas jouer avec la vie des êtres humains, quels qu’ils soient? Ce sont des créatures spéciales devant le Seigneur.

    • la communaute internationale est vide de sens.elle est irresponsable.l’onu devait etre supprimee comme la SDN car elle a faillu a sa mission »maintien de la paix »Rwanda ‘RDC et le Burundi pour n’en citer que ceux la »que ce qu’elle a fait?RIEN

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