Au Burundi, les assassinats politiques s’enchaînent

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La réélection, le 21 juillet, du président Pierre Nkurunziza n’a en rien apaisé le climat, l’opposition tournant aux règlements de compte sanglants et vicieux. Crédits photo : MARCO LONGARI/AFP

Le numéro 1 de l’armée burundaise, le général Prime Niyongabo, a réchappé, vendredi, d’une embuscade contre son convoi à Bujumbura. Cette attaque suit l’assassinat, en août, d’un autre haut-gradé et les meurtres de plusieurs opposants.

Les assassinats ciblés continuent au Burundi. Vendredi matin, le chef d’état-major a ainsi échappé à une embuscade tendue en plein centre de Bujumbura. Le convoi du général Prime Niyongabo a été pris pour cible par des tirs d’armes automatiques alors qu’il sortait de la capitale. L’officier s’en est sorti indemne, mais quatre gardes du corps, une policière et deux assaillants ont été tués dans la fusillade. Au moins un membre du commando a été capturé.

«L’attaque était minutieusement préparée, elle a été soudaine et violente (…) le chef d’état-major n’a dû son salut qu’au fait que son chauffeur a dépassé un bus transportant des policiers», a expliqué à l’AgenceFrance-Presse un haut-gradé de la police.

Le plus gênant dans cet attentat est qu’il a été organisé par des soldats circulant, selon certaines sources, dans une voiture militaire. L’identité du prisonnier confirmerait cette thèse. Selon l’AFP, il s’agit d’un soldat d’active jusqu’alors bien noté. «Cela qui signifie clairement que nous avons un grave problème de division au sein de notre armée», souligne un responsable du Service national des Renseignements (SNR). «Il est clair que ces actions viennent de l’intérieur. Cela va renforcer le sentiment de peur qui habite les autorités ainsi que leur violence», redoute un analyste basé à Bujumbura. La fracture dans l’armée est de plus en plus évidente depuis le putsch raté du général Godefroid Niyombaré en mai dernier.

Règlements de compte

Cet officier, un temps proche du pouvoir, était l’un des plus hostiles à la candidature pour un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, jugée inconstitutionnelle par les opposants et la communauté internationale. Sa réélection, le 21 juillet, n’a en rien apaisé le climat, l’opposition tournant aux règlements de compte sanglants et vicieux.

Car l’attaque contre Prime Niyongabo, un pilier du système répressif du régime, suit l’assassinat, en août, du général Adolphe Nshimirimana, ancien chef du SNR et lui aussi élément clef de l’appareil sécuritaire et financier du dispositif présidentiel.

Ces meurtres et tentatives sont l’écho d’autres crimes, commis ceux-là contre des opposants notoires. Début août, Pierre-Claver Mbonimpa, défenseur des droits de l’homme reconnu, avait été gravement blessé de plusieurs balles. Il y a trois jours, Patrice Gahungu, porte-parole d’un parti d’opposition était abattu en pleine ville. Menacées, nombres de figures de l’opposition ou de la société civile ont choisi l’exil. Les journalistes sont eux aussi victimes de la répression.

A ces disparitions de «célébrités» s’ajoutent celles de multiples militants de bases, ou supposés opposants, tués de nuit dans les quartiers de la capitale ou enlevés, et dont on retrouve le cadavre au petit jour. Plusieurs ONG ont dénoncé ces derniers mois l’utilisation massive et systématique de la torture par les forces de l’ordre.

Actions d’une guérilla naissante

Dans le reste du pays, d’où peu d’informations filtrent, les militants du CNDD, le parti au pouvoir, sont également visés, comme les policiers et les militaires. Mardi, deux attaques contre des barrages tenus par des soldats aux portes de Bujumbura ont ainsi été rapportées. Le gouvernement a accusé des «malfaiteurs». «C’était des gens en uniforme et non de simples bandits. Il est à craindre que ce soient des actions d’une guérilla naissante, mais les autorités ne veulent rien entendre», continue l’analyste.

Le régime semble même plus tenté que jamais par la manière forte. Vendredi, une commission d’enquête, chargée de faire la lumière sur l’origine des violences politiques de ces derniers mois, a accablé l’opposition. Dans son rapport, elle qualifie les manifestations de «mouvement insurrectionnel» et accuse 25 associations et six partis politiques d’en être responsables. «On va voir si le pouvoir va lui donner une suite judiciaire, explique un diplomate. Mais on peut déjà dire qu’il referme pratiquement les portes à un véritable dialogue».

Par Tanguy Berthemet,  le 11/09/2015 à 21:52, http://www.lefigaro.fr/international/

Publié le 13 septembre 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 16 Commentaires.

  1. non à la guerre, non à la violence. seul le dialogue peut comme l’a été le seul moyen de réconcilier les burundais. multipartisme oui m désordre politique non!

  2. Qui aurait fait cette fouille perquisition afin de nous faire comprendre que la saisie d’armes a eu lieu? Vous pressez souvant vos langues pour semer la confusion et tromper les memoires faibles alors que le monde antier a deja connu qui vous etes . Reka guhenda abantu mwivugisha ibi na biriya turazi imigambi yanyu ko igayitse. Ce genocide que vous parlez du jour au lendemain n’aura jamais lieu sauf si vous le faites vous memes commes jadis 1972,1988,1991,1993,…..

  3. baratuza a menti ces 12personnes ki sont morts il ya ck parlent 2 assaillants c,est faux l,un travaille chz peter coe sn coiffeur e un cuisinier port3 disparus a 4h de ce jeudi avant l,ambuscad k steve a prepar3 pr etr ds la place de prime.ubu amatohoz nta semaine azomara twe ukuri twarakumeny kubishw bose nka adolphe ukuri kuzotsinda vuba caane kk imana itazovyemera.

  4. La preuve est faite qu’il ne faut pas donner trop de pouvoir à un seul homme. Au Burundi, le président est responsable de toutes les nominations aux hautes fonctions: les ministres, les ambassadeurs, les postes de commandements militaires, les membres de la commission électorale indépendante, les membres de la Cour Constitutionnelle, les hauts magistrats, etc. Et Nkurunziza a profité de ces dispositions légales pour placer ses amis les plus fidèles. On voit où cette concentration de pouvoir aux mains d’un fou furieux nous a menés.
    Quand viendra le moment des négociations, il faudra se pencher sérieusement sur ces aspects et ne pas se contenter de copier les textes juridiques des pays développés.
    Pour le cas du Burundi, l’armée a toujours été un instrument de répression massive du peuple: on se souvient de l’utilisation qu’en ont les anciens présidents Micombero, Bagaza, Buyoya et Nkurunziza. C’est une arme trop dangereuse pour la laisser aux mains d’un ancien rebelle ou d’un apprenti politicien. La commission électorale, la cour constitutionnelle, les magistrats devraient évoluer dans un monde à part, différent de celui des hommes politiques.
    Il y a trop d’abus de pouvoir dans notre pays: à terme, il faudra revoir les attributions des uns et des autres pour que la justice puisse demander des comptes aux responsables politiques véreux. Je compte sur vous, M. Ciramunda pour faire suivre mes observations à qui de droit.

  5. Ariko Sylvere ubwo ivyo uvuga urabifitiye ivyemezo? tabaranya muze muvuga ivyo mwatohoje.iyaba arivyo ngira biba vyamaze guca ku maradiyo na tv zose.

  6. Il n ya pas d autre solution puisqu on ne negotie pas avec un genocidaire ou un sourd miet
    Pas du dialogue avec des bandis ou des fouts
    Mu kirundi bavuga bati Ingwe uyitinya itarakwinjirana Nayo iyo yamaze kukwinjirana uremera mukagwana ikakwica canke ukayica Nkurunziza relo yarinjeye mu RUGO rurimwo
    Abagabo ntakutinya kumugwanya
    Ahandi twohava tuvuga ko yinjiye mu Rugo rwiharije Abakecuru coba relo kibaye Ikitutsi

    • Je suis un rescapé de 1993.

      Aho Nyangoma yasemerera kuri Radiyo Rwanda abwira abahutu ngo bibuke « i nivo ni ugutwi » hari nk’aya mango.Abo abantu nka ba Rosa Hakizimana bibereye za Burayi birirwa basemerara ngo Abarundi bafate inkoho n’imipanga baje kwirukana Nkurunziza, bibagira ningoga. Abatabonye ingene abavyeyi babo babagira ivyamfura mbi imbere yo kubaca ibere ryabonkeje no kubatema murashobora kubandanya gukokeza. Nkurunziza nk’abandi bose bahaciye ntazama ho, ariko Uburundi n’imbibe zabwo ntizizigera zinyiganyiga. Amarira n’amaraso yasesetse mu Burundi ararenze. Uwutavyumva nawe ashobora kuba yaritumye umutima wiwe atabizi.

      Pour la mémoire de ma mère et de tous miens je dis NON à la guerre.

    • Nkuruneiza abasoda nibo bategerezwa kumurwanya kuko nijo babishoboye bafise ibirwanisho nibo bamwegereye kandi babishatse nubu nyene boshika kuco bashaka pour sauver le peuple burundais.

    • Oui pourquoi restent lis les bras croisés? ???? Umuntu umwe rudende aduhonye koko ngo nuko afise inkoho zokuduhonya kandi natwe dufise amaboko nubwenge???? KUki dutinya kandi turiko turapfa???? Mubona ko nkurunziza akunda abarundi???? Ahubwo twarinjiranywe ntitwabimenya.nukwikurako iyo ntambwe imbere yuko idusamuta twese.

  7. UNE SAISIE D’ARMES A L’AMBASSADE DU RWANDA A BUJUMBURA

    Déire Nyaruhirira, Premier Conseiller à l’Ambassade du Rwanda au Burundi a pris le large après que 17 Kalachinkovs, 3 lance-roquettes et 15 roquetes aient été déouverts dans sa réidence.

    Gilbert Bulanje(Boulanger), Conseiller au cabinet du Ministre chargé de la bonne gouvernance, et ancien irecteur du Department Extérieur du Service National de Renseignement (SNR), aurait lui-meme quitté, le pays.

    Gilbert Bulanje, ami personnel de Desiré, était consideré comme l’informateur présumé des services de renseignement rwandais

  8. Pendaison public pour Nkuru

    A l’absence du dialogue, il ne reste que la derniere option – celui des armes!

    • Ooh, chers frères , tout ce que l’on connaît et que personne ne peut douter « NOTRE DIEU EST AMOUR ET BON » donc il ne commendite pas ces tueries observées de gauche à droite. Mais une chose est sûre dans la Bible, il est dit « Ivyo vyose urabikora nkihorera ukagira ngo mpwanye nawe ariko ngo ngiye kukudahwa ». L’avenir nous réserve des surprises

    • Oui que les soldats s’ opposent à nkurunzuza sino nabo azobamara.rero umwansi uramwitanga umeze kumenya imigambi yiwe.

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