Les leçons de la crise burkinabé pour les burundais

https://i2.wp.com/fr.africatime.com/sites/default/files/styles/large/public/photo-articles/2015/mai/le-balai-ciyoyen1.jpgLe Capitaine Thomas Sankara avait raison. En rebaptisant sa Haute-Volta natale, le « Pays des Hommes intègres, » ce « Che Guevara » africain savait certainement que le Burkina-Fâso, va, un jour, prouver la grandeur de sa population à la face du monde. C’est chose faite aujourd’hui. La fin du Coup d’Etat éphémère du Général Gilbert Diendéré en est une véritable illustration. Inspiré peut-être par le 3e mandat du despote Pierre Nkurunziza, l’ancien mentor du Capitaine Blaise Compaoré pensait que tous les coups lui seraient permis ! C’est ainsi qu’il décida unilatéralement de s’autoproclamer « Homme fort » du Burkina-Faso, sous prétexte que les Compaoristes étaient éclatés de la prochaine présidentielle dans leur pays.

Une affaire de respect des principes légaux

Mais en réalité, c’est par souci d’impunité de tous les crimes commis depuis le jeudi 15 octobre 1987, date de l’assassinat du Capitaine Thomas Sankara, que le Général Gilbert Diendéré s’était autoproclamé président du Burkina-Faso ! A quelques heures seulement, de la sortie du rapport officiel sur l’assassinat du Capitaine Thomas Sankara. En effet, plusieurs sources concordantes accusent d’ailleurs le Général Gilbert Diendéré d’avoir participé personnellement à cet assassinat. Et à plusieurs autres crimes qui se sont consommés sous la dictature de Blaise Compaoré, en toute impunité. A la tête d’une importante force de 1 200 hommes, le Régiment de la Sécurité Présidentielle (RSP), le Général Gilbert Diendéré n’a pas pu mesurer à sa juste valeur, la volonté du peuple burkinabé à défendre sa démocratie. Ce qui constitue une erreur fatale pour un meneur d’Hommes de son rang.

Ainsi, à l’annonce du coup d’Etat, les barricades du mouvement « Balai citoyen » se sont vites reconstituées dans tout le Burkina. C’est ce mouvement qui avait « chassé » Blaise Compaoré du pouvoir, en octobre 2014. L’opposition politique et la société civile se sont ensuite coalisées à ces jeunes dans les rues de tout le Burkina, pour dénoncer ce énième putsch dans l’Histoire de l’ex Haute Volta ! Avec un seul credo à la bouche : « réhabilitons le régime de Transition. Et s’il le faut, nous allons nous battre contre le RSP pour cette cause. La Patrie ou la Mort, nous vaincrons ! » Aucune tentative d’intimidation du Général Gilbert Diendéré n’a fait descendre la détermination de ces patriotes burkinabés, héritiers du Capitaine Thomas Sankara. Même la déclaration des putschistes annonçant qu’ils ne sont pas de connivence avec le Capitaine Blaise Compaoré. Rien n’a changé d’un iota la bravoure des burkinabés à dire NON au Général Gilbert Diendéré! Ce n’est pas une question d’individus. Comme au Burundi, c’est une affaire de respect des principes légaux et consensuels !

Un peuple uni est toujours imbattable

Il fallait à tout prix et par tous les moyens, combattre le Général Gilbert Diendéré dans son entreprise suicidaire, susceptible de déclencher la guerre civile au Burkina. C’est sous cette optique que les autres militaires burkinabés se sont dirigés en colonnes vers Ouagadougou, la capitale burkinabé, en donnant un ultimatum aux putschistes de déposer les armes. Craignant un nouveau bain de sang en Afrique de l’Ouest, la CEDEAO qui avait déjà envoyé deux émissaires à Ouaga pour jouer la carte d’apaisement, va intensifier sa médiation. Les Présidents Macky Sall du Sénégal et Yaya Boni du Bénin, seront désormais accompagnés de quatre autres chefs d’Etats ouest africains, pour réinstaller au pouvoir, le Président de la Transition, Michel Kafando et tout son gouvernement. La tempête est donc passée au « pays des Hommes intègres ! » Dieu est Grand ! Le Président Michel Kafando est de nouveau dans son palais.

Pour une fois, une médiation africaine aura produit toutes ses preuves. Une fierté pour notre continent. Grâce à cette dernière, la guerre civile n’aura pas eu lieu au Burkina-Fâso. Si la CEDEAO s’est investie sérieusement dans cette crise, c’est parce que l’étincelle burkinabé pouvait brûler toute la communauté. Au moins six pays aussi fragiles que le Burkina, sont frontaliers de la patrie du Capitaine Thomas Sankara. En cas de guerre civile, Boko Haram comme tous les autres mouvements djihadistes pullulant dans la région, seraient en mesure d’y entrer et d’y semer la pagaille, en agrandissant les frontières de leur Etat Islamique ! La lutte contre le terrorisme, devenu déjà un fléau en Afrique de l’Ouest, aura contribué à étouffer dans l’œuf, le régime fasciste et impopulaire, que le Général Gilbert Diendéré allait imposer au Burkina-Fâso.

Aussi, par ce retour au régime de Transition, les burkinabés démontrent qu’ils sont disposés à tout faire, pour anéantir tout dictature dans leur pays. Face à un peuple uni comme un seul homme, le Général Gilbert Diendéré va constater l’absurdité de son coup d’Etat. Présenté comme un homme lucide, proche de son RSP et parmi les plus informés du Burkina, il a visiblement mal orienté la trajectoire de son coup. Ni juger à sa juste valeur, la détermination de ses compatriotes. L’impopularité du RSP au sein de l’armée burkinabé, serait à son comble niveau. C’est ainsi que le Chef d’état-major et tous les autres cadres militaires du pays ne l’ont pas suivi dans ce coup d’Etat. C’est une grande erreur héritée du Capitaine Blaise Compaoré, de croire que le RSP est en mesure de venir à bout de toute contestation populaire. Son échec pourrait servir de clin d’œil à Pierre Nkurunziza et ses associés au 3e mandat ! Un peuple uni est toujours imbattable.

Le compte-à-rebours a commencé pour le 3e mandat

Quoi qu’il en soit, lorsqu’un peuple décide de vivre, aucun dictateur du monde entier, si puissant soit-il, ne pourrait l’empecher de vivre ses rêves d’Unité, de Démocratie et de Paix. Comme au Burkina-Fâso, toute armée républicaine doit être aux côtés de la population dont elle est issue. C’est cette même population qui la fait vivre par ses impôts et ses taxes ! Au cas contraire, les militaires se font massacrer gratuitement pour un dictateur aux ambitions égoïstes et sectaires. Souvent, ces militaires n’occupent aucune place dans son cœur! Même en fuite, il ne part qu’avec sa famille seulement. Souvent, sa femme et ses enfants. Les burkinabé l’ont bien compris à temps. Ils ont évité de tomber dans ce piège guettant actuellement la FDN et la PNB au Burundi, avec ce 3e mandat illégal, illégitime et terroriste du despote Pierre Nkurunziza.

Au Burundi, le désespoir gangrène sérieusement la population. Sans épargner logiquement, les associés au 3e mandat du despote Pierre Nkurunziza. L’exemple burkinabé doit remonter notre moral. Le Général Gilbert Diendéré était mieux équipé, plus lucide et largement crédible que le despote Pierre Nkurunziza. Le RSP, une force sans commune mesure avec la garde rapprochée du dictateur burundais, ni avec tous les groupuscules gravitant autour de ce 3e mandat, sombre dans l’humiliation totale ! Pourquoi pas les gardes officielles et officieuses de Pierre Nkurunziza ? Le compte-à-rebours a politiquement et diplomatiquement commencé pour ce 3e mandat illégal, illégitime et terroriste du despote Pierre Nkurunziza. Aujourd’hui, le Cndd-Fdd compte toujours des femmes et des hommes capables de briser leur silence, pour dénoncer et combattre les spéculations politiciennes autour de ce mandat de trop !

L’Honneur et de Dignité nationale

Avec toutes les forces vives de la Nation burundaise, ces démocrates encore silencieux du Cndd-Fdd peuvent à tout moment, monter au créneau pour arrêter cette descente aux enfers du Burundi et son peuple. C’est une question de vie et de mort pour chaque citoyen burundais. Une question d’Honneur et de Dignité pour les dix millions de burundais. Le peuple burundais ne réclame que la PAIX et le PAIN. La stabilité au Burundi, c’est une source de sécurité et d’assurance pour tous les pays de la Sous-Région, l’EAC et la CEPGL. Ceux qui veulent peindre ce devoir patriotique avec des dogmes ethniques, politiques ou autres, ce ne sont que des imposteurs à combattre avec nos dernières énergies !

En définitive, comme les burkinabés, les burundais peuvent aussi redorer le blason de leur pays, à l’échelle nationale et internationale. Ne perdez pas les pédales, c’est bientôt la fin du 3e mandat. Au moment opportun, les pendules vont se remettre à l’heure. Certes, la situation n’est pas bonne au Burundi, ni pour les dirigeants ni pour les dirigés. Maitrisons notre colère et notre impatience. Evitons de tomber dans le piège des actionnaires au 3e mandat et de leurs sbires. Ne jouons par le singe ni le perroquet avec eux. Ils ont leur agenda qui ne cadre pas avec celui du reste de la population. Reconstruisons le Burundi pour les burundais. Evitons d’être des Hutu, des Tutsi, des Princes, des Twa ou des Naturalisés pour déchirer davantage le Burundi, notre richesse commune.

Acceptons tous que l’Unité dans la diversité est toujours possible. C’est aussi cela, la DEMOCRATIE ! Ensemble, soyons rayonnant et beau comme l’Arc-en-Ciel dans les nuages de notre splendide pays. Le bon exemple burkinabé peut toujours nous inspirer. « La Patrie ou la Mort, nous vaincrons ! Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! »

Thierry Ndayishimiye

Publié le 23 septembre 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 14 Commentaires.

  1. Ba NIYONZIMA, ba RUTUMO nabandi…muteshwe mute kuko igihe canyu co kurandugwa caheze. Muvyemera mwanka, cas ya Bourkina faso izotubera akarorero kandi abarundi b’umutima batasamazwa n’amoko bazoteba bacakira igihugu bagisubize ku murongo w’ubumwe n’iterambere.
    Bravo à Thierry pour l’analyse impeccable et juste. Je propose le Ministère de communication à Thierry Ndayishimiye pendant la transition prochaine.

  2. Imana iracadukunda abazungu barateye imbere bashitse mumuriro udahera dufise ubutunzi bashaka kudutwara arico gituma bashaka twame turyana baza kuzimya baca bagenda basahura hama mukaguma muduhenda ngo abarundi bashaka ibi,le conflt burundais ni ingwano des occidentaux pour le partage de notre sous sol baciye kubihemu mumenye ko twese tuzzopfa ariko gupfa ugurishije igihugu n’abarundi tuzi vyose tuzobisiga dufise umuryango umwe ku mpanda ungana kandi atahandi tuzoca mukugenda twese atari harya twari dukwiye kugarura ubwenge

  3. Uburundi si burukina faso thierry iyo nalyse yawe siyo abantu bari krushi nibo basha kudusubiza inyuma ngo ni 3eme mandat turi muya kabiri ya vote à suffrage universerselle nkuko constitution ibivuga, politique yumunwa twarayirenganye dushaka ibikorwa.Urahenda abandi abantu baguma bitwaza ngo abarundi abarundi ntavyo babatumye abarundi turazi ivyo dushaka izo interet zabanyamerika n’abanyaburaya muriko mushaka gukingira ntimwitwaze abarundi ntabarundi murikumwe, nimwaza tuzobatoza intoke uwozofatwa tuzomurya inyama kugira tubereke ko twabahinyuye kandi tubabwiye bimwe mwandika mukibimba « PLUS JAMAIS CA » ntimuzosubire kuvyiyumvira igihugu n’icabeneco nomba abakivandereza iburuya na amerika ngo bavugira abarundi

  4. Quel plume! vous etes inspiré titi.raison sur toute la ligne.kuba bantirumveko nivyo vyatumye nkuru atatuvako,nimurabe namwe ico gihugu c abantu babashingantah canke abagabo n abapfasoni biyubaha(pays des hommes integres),ubu hari ikindi kinywamaraso,imbunuza canke umwambuzi bazosubira kurota kugikirimbirako? barundi icerekwa nikibona,bonne analyse thiery

  5. ku burundi si bishasha niyombare yarabibonye iyo yihenda agatec gatoyi harico yarikubona. nagomba kubaza uwobazi ko akiriho azotubwire amakuru yiwe. abo ba thierry ndayishimiye barajwe ishinga nuko ubutegetsi busenyuka ntakuntu botubwira iyo uwo niyombare ageze kobigira aba chercheurs

  6. Mais, animés par la vrai foi, prions! La prière résout toute sorte de problème, quelque soit sa grandeur. Dans la pure réalité, ceux qui se croient intelligent sont bête et ceux qui montrent pieux sont sataniques. Wait and see.

  7. Nous ne voulons pas de coup d’etat comme celui de Godefroid. Heureusement que nos militaires ont bien agi.

  8. Reka reka reka ico kin yoga case! Muri Burkina abanyagihugu bahagurutse contre la dictature! Mu Burundi sico kimwe ugomba kubimenya, ni mubandanye mushira imbere ayo macakubiri yanyu yo kwiyumvira yuko mwavukanye imbuto hanyuma muzobibona niho abanyagihugu bahaguruka contre vous. Bandanya ngo Akataretse kaba gasema.

  9. Il n’y a pas Hutu Tutsi a Burkina Faso. Les Burundais ne veullent pas etre burundais ils ont choisi etre Hutu ou Tutsi. Abo bantu babiri barankana, barasuzugurana, kandi ntibagomba kubana; None bazofashanya kurwanira Uburundi bwa nde? Bw’umuhutu canke bw’Ubututsi?
    Mwaragerageje kwiyoberanya ariko ntibikunda kuko ibibogaboga mumutima w’umuntu nivyo bimuvamwo. Donc le Burkina Faso n’a rien avoir avec le Burundi

  10. un coup de chapeau pour le peuple bourkinabe mais pour la CEDEAO c,est pour atiserle feu comme la caumunaute internationale le fait au Burundi. pour elle ce sont les declarations contraires a leur propre volonte non avouee

  11. Coup de chapaud aux bourkinabés!

  12. la mrchancete de NKURU ne vaut rie. ‘eut ete la passivite du peuple. on craint la mort mais nous vivons avec elle.avez vous ce qui se lasse actuellement au SNR,dans zNyabagere et autres fausses communes non encore connues.c,est plus honnarant de mourir rn resistant pour la nation que mourir passivement

  13. Vive l’unité des Burundais!

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