La mobilisation contre Nkurunziza continue sur Internet

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Pacifique Nininahazwe (Sabine Cessou/Rue89)

Pacifique Nininahazwe, 39 ans, responsable du Forum pour la conscience et le développement (Focodé) et l’un des leaders de la campagne « Halte au troisième mandat », avec Pierre-Claver Mbonimpa, Vital Nshimirimana et Marguerite Barankitse, a été au cœur des manifestations au Burundi contre la candidature inconstitutionnelle du président sortant Pierre Nkurunziza.

Ce dernier est sorti vainqueur de la présidentielle du 21 juillet dernier, sur fond de répression massive – envoyant un signal fort en Afrique. Il a montré à d’autres chefs d’Etat souhaitant s’accrocher au pouvoir, au Congo, au Congo-Brazzaville et au Cameroun notamment, qu’il est possible de se maintenir au pouvoir sans même se soucier de changer la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats successifs au Burundi.

Rue89 : Où vivez-vous actuellement ?

Pacifique Nininahazwe : Je préfère ne pas le dire. Je vis en clandestinité depuis le mois de mai. Le pouvoir me cherche et fait savoir qu’il veut me tuer pour mettre mon corps sur la place publique, afin que tous les manifestants puissent me voir.

Internet a-t-il été coupé au Burundi, comme ce fut le cas en janvier dernier à Kinshasa lors de manifestations contre une loi qui aurait permis de reculer l’échéance de la prochaine présidentielle, prévue pour 2016 ?

Lors de la première semaine de manifestations au Burundi, après l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza le 25 avril, le pouvoir a coupé toutes les radios indépendantes à l’intérieur du pays. Elles n’émettaient plus qu’à Bujumbura, la capitale. L’idée était que les populations de l’intérieur ne sachent pas ce qui se passait à Bujumbura.

Ensuite, ils ont demandé aux opérateurs de téléphonie mobile de couper plusieurs applications car les gens communiquaient sur WhatsApp, Viber et Facebook. Les opérateurs obéissent sous peine de perdre leur licence.

La compagnie Africell a fermé tout récemment parce que l’un des principaux actionnaires est Bernard Busokoza, ancien vice-président de la République, aujourd’hui opposant.

Comment les manifestants ont-ils pu continuer à se servir d’Internet ?

Au bout de deux semaines de coupures, un jeune Burundais qui faisait ses études en Inde a fait circuler une autre application, VPN, qui permet d’utiliser les réseaux sociaux.

A son retour au pays, il a été arrêté par les services de renseignement et il a passé un mois et demi en prison. Nous avons connu des cyberattaques contre des comptes Facebook et Twitter. Les miens, qui sont suivis par environ 60 000 personnes, ont été piratés.

Comment cela se passe-t-il ?

Un matin, vous allez sur votre compte pour constater qu’il ne fonctionne plus. On vous appelle de partout pour vous dire qu’on ne trouve plus votre compte. Dans les services de la présidence, des gens créaient un compte semblable au mien et signalaient le mien comme un faux compte.

Facebook m’a écrit et m’a demandé la copie de mon passeport. Depuis, Facebook me protège contre ce genre d’attaque.

Comment vous servez-vous d’Internet, par exemple le 27 septembre après la réunion d’un tribunal « Russell » symbolique à Paris pour juger les crimes commis au Burundi ?

Le soir, je fais le résumé de la conférence, et des gens partagent mes publications sur Facebook ou se les envoient sur WhatsApp. Parmi les témoignages sur les violations des droits de l’homme lus le 27 septembre au Cinéma Saint-Germain des Prés figurait des sources d’Amnesty International et de Human Rights Watch, ainsi que l’une de mes publications sur Facebook.

De quoi s’agissait-il ?

D’un corps qu’on a découvert dans une rivière, et que l’hôpital a refusé de recevoir à Bujumbura. Ce corps a été amené à la commune, qui a mis tout le monde au cachot : les deux hommes qui l’avaient trouvé ainsi que le cadavre ! L’une des personnes arrêtées était le père d’un des premiers jeunes tués lors des premières manifestations, cet enfant de 15 ans qui s’appelait Jean-Nepo Komezamahoro.

Durant les manifestations, comme il n’y avait plus de radio, je commandais les manifestations à partir de Facebook, pour dire qu’il y aurait tel jour une trêve, respectée par tous. Une autre application prend de l’importance au Burundi : Twitter. Avant le 25 avril, peu de gens connaissaient ce média social, qui voit aujourd’hui les opinions s’affronter terriblement.

le 28/09/2015 à 17h46, Sabine Cessou, http://blogs.rue89.nouvelobs.com

Publié le 29 septembre 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Il faut encore mobiliser la diaspora dans tous les Pays pour qu’ils continuent les manfestations chaque fois qu’ils ont le temps et montrer au monde ces cadavres de tous les jours a Bujumbura. Sinon Nkurunziza ne va pas arreter son plan macable qu’il a prepare pendant 10ans. Lui et sa clique pensent plutot aux moyens les plus efficaces pour tuer beaucoup en meme temps. Il faut pas surtout relacher et donner la chance a ces assassins. Pour eux la demande de dialogue est une faiblesse des opposants et la communaute internationale.

  2. Ne vous en faites pas Peter doit tomber,. même ces chinois ne savent pas exactement quel diable ils protègent et dans quel enfer ils ont été envoyés. Tous les chinois se trouvant au Burundi devraient rentrer immediatement chez eux, c’est un conseil que leur gouvernement devrait leur donner, car le Burundi n’est pas sous protectorat chinois!

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