Crimes contre l’humanité au Burundi (par Bernard Maingain)

https://i1.wp.com/www.parisglobalforum.org/images/meurtre-burundi-2.pngCrimes contre l’humanité au Burundi
Par Bernard Maingain

De nouveau le samedi 3 octobre 2015  des services de police sont descendus en force à Mutakura et Cibitoke. Des personnes civiles ont du s’allonger à même le sol. Plusieurs exécutions sommaires. La Cour pénale internationale doit avancer de façon ostensible et active dans la gestion du dossier Burundi et les premiers mandats d’arrêts doivent être délivrés.

Il y a huit jours, nous avons entamé la présentation de notre rapport concernant les assassinats de civils, lors de la première session du Tribunal Russell sur le Burundi. Celui-ci reprenait la liste des personnes assassinées par les forces de l’ordre, les services de la documentation et les milices parallèles. Nous avions montré la lente montée de ces exécutions extrajudiciaires depuis de nombreuses années, les causes profondes de cette montée de la criminalité d’Etat et nous avions détaillé les événements intervenus depuis le mois d’avril dernier.

Tous les indicateurs démontrent que depuis le début du mois de septembre 2015, les assassinats augmentent encore, le nombre et l’ampleur de ceux-ci prenant une dimension tragique.

Hier soir, une fois encore, comme tous les soirs, nous avons été alertés par des témoins particulièrement courageux. Leur voix anonyme ne peut être maintenue silencieuse.

A Mutakura et Cibitoke, des services de police sont descendus en force. Des personnes civiles ont du s’allonger à même le sol. Elles étaient désarmées.

Plusieurs personnes ont été désarmées et ce matin, l’on nous a fait  tenir les photos de corps sans vie retrouvés dans la ville. Les photos ci-jointes en sont l’illustration et ne sont pas exhaustives. Ce sont des corps de personnes arrêtées la veille selon nos informateurs.

Nous rappelons que par leur caractère systématique, ces exécutions mises en œuvre selon nos informateurs par des services de l’Etat ou par des services soutenus par l’Etat, constituent des crimes contre l’humanité répréhensibles au titre de l’article 7 du Traité de Rome portant statut de la Cour pénale internationale.

Les autorités militaires, policières et judiciaires du Burundi sont tenues d’enquêter et de procéder à l’arrestation des auteurs, coauteurs et complices de ces crimes.

Désiré UWAMAHORO, responsable de la Police a été photographié à Mutakura. Il doit être convoqué et auditionné. Au besoin, il doit être suspendu dans l’exercice de ses fonctions dans l’attente de la tenue d’une enquête concernant les événements survenus hier en soirée.

Il faut analyser la chaine de commandement. Des crimes contre l’humanité d’une telle ampleur ne peuvent être commis sans assentiment de responsables politiques. Les ministres de l’Intérieur et de la Défense sont les premiers responsables de cette chaine de commandement et ils doivent s’expliquer : quand ont-ils été informés de ces événements, quelles instructions ont-ils donné ???

Le procureur général ne peut se dérober à ses responsabilités au niveau judiciaire, à peine d’être concerné par des poursuites également. Les crimes contre l’humanité ne peuvent rester impunis et l’absence d’enquête sérieuse et d’arrestation des responsables dont certains sont bien connus de la population, s’apparente à une complicité de crime contre l’humanité.

Les défaillances de l’appareil d’Etat et c’est peu dire, justifient une réelle intervention de la communauté internationale. En effet, les crimes d’Etat commis actuellement tous les jours à doses bien calculées, obligent à quitter le stade de l’incantation oratoire.

Une mission doit être envoyée au Burundi par les Nations Unies pour enquêter sur les crimes commis actuellement. La Cour pénale internationale doit avancer de façon ostensible et active dans la gestion de ce dossier et les premiers mandats d’arrêts doivent être délivrés.

Le procureur général du Burundi doit être sommé de participer aux efforts de justice.

L’Union européenne doit élargir la liste des personnes sanctionnées par elle en ce qui concerne la délivrance de visas et le gel des avoirs. Les mêmes mesures doivent être prises parallèlement par l’Union Africaine et les Etats Unis.

Les responsables politiques qui dirigent les policiers, militaires, membres de services de documentation et les chefs des milices doivent être visés par ces mesures.

L’East African Community ne peut rester indifférente à cette situation tragique.

Le gouvernement burundais dont la légalité pose d’ailleurs problème, doit être mis en demeure de prouver sur terrain l’arrêt complet des exécutions extrajudiciaires dans les 24 heures et l’ouverture d’une enquête digne de ce nom. Des services de police et de justice peuvent être envoyés par les pays bailleurs de fonds en renfort pour soutenir un travail impartial et sans concession pour quiconque.

Nous l’avons dit et répété. Nous sommes prêts à collaborer avec nos réseaux de centaines voire de milliers de courageux citoyens qui nous informent quotidiennement. Nous sommes prêts à nous rendre sur place pour participer à ce travail au nom des familles des victimes. Pour soutenir ce travail, il faut du courage politique.

Enfin, depuis des années, nous réclamons la mise en route d’une procédure de protection des témoins. Ces demandes accueillies avec le sourire et la bienveillance, n’ont jamais abouti à la mise en place de programmes concrets de protection des témoins alors qu’il s’agit d’un enjeu vital pour la progression de l’Etat de droit. Actuellement, nos témoins n’osent pas parler par crainte de représailles et on les comprend.

Aujourd’hui, les crimes contre l’humanité commis dans ce pays justifient une prise de responsabilité et des mesures courageuses.

Nous le disons sans détour : la descente aux enfers du Burundi est en cours. La lâcheté est un crime moral, la première forme de complicité.

Publié le 4 octobre 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 8 Commentaires.

  1. Merci Bernard
    ces enlevements ne concernent pas les burundais seulement.il faut enqueter sue les rwandais qui sont quidnapes ici et la dont leurs sans vie gsont retrouves parmi les autres

  2. florence tu as raison, très pertinente et il faut que tout les genocidaires memes ceux des années 1965 jusqu’en 1993 passent devant la justice kuko nta mwana niki nono. c’est le moment d’ailleurs yokuvyura arya ma dossiers ari muri nations unies yerekana genocide ya korewe abahutu mu Burundi .

  3. Dans ce dossier des massacres extrajudiciaires de grande ampleur et de la détérioration de la sécurité au Burundi, la voix du CNARED n’est pas très audible. Et pourtant, c’est une occasion en or pour frapper à toutes les portes afin d’alerter, de protester contre l’inaction des uns et des autres, de pousser certains autres à l’action.
    Le Cnared doit déployer ses représentants dans les quatre coins du monde pour faire pression et exiger des actions concrètes et rapides.
    – La East Africa community doit recevoir un émissaire (ou à défaut un courrier musclé) pour le faire sortir de son coma. Il faut que le Cnared pousser vers des sanctions régionales: blocage du transport international par exemple, ne laisser passer que des aides humanitaires.
    – La cour pénale internationale doit recevoir un courrier de rappel qui la met en demeure d’engager la procédure d’enquête contre les assassins de Bujumbura.
    – L’union africaine: le Cnared doit pousser vers l’envoie d’observateurs militaires pour analyser les causes de la montée des assassinats et, le cas échéants, protéger les citoyens.
    – Le Conseil de sécurité de l’ONU doit décréter l’interdiction de vente d’armes au gouvernement burundais. Ca s’est vérifié qu’il se sert des ses armes pour tuer sa population civile!
    Chers messieurs du Cnared, avez-vous pensé à tout ça? Si oui, pourquoi on ne vous entend pas faire allusion à ces mesures? Vous avez des témoins vivants, des photos, des vidéos, des rapports d’Amnesty international, et autres ONG similaires: qu’est-ce que vous faites avec tout ça?

  4. Que les proches de Nzobonariba lui disent que ces images ont deja circule partout dans le monde. Il va sortir demain dire que ce sont les opposants qui mentent Ils devraient avoir honte d’etre les autorites du Burundi.

  5. En juin dernier le porte parole de la police a declare que les INTERAHAMWE et les
    IMBONERAKURE ont eu la mission de tuer les maniffestant Ils controlent les quartiers des
    contestateurs de 3eme mandat de Nkurunziza ils ont eu des vetements et les minitions
    de la police pour que les habitants des quartiers les respectent comme les policiers
    En resume Nkurunziza les ont engages comme des mercenaires A voir comment ils travaillent en massacrant les geants sans problemes, Comment ils emprisonent et le rendemain la personne retrouve morte les membres rigotte, Je crois que leurs reminerations sont compte par les personnes tuent
    C est la honte pour un pays membre des Nations Unis Je remercie Monseur Bernard Maingain pour ce message tres important pour le peuple Burundais Je crois que les Burundais ont donne du temps a Nkurunziza de se corriger Maintenant il ne merite pas de cet honneur car lui meme ne l a pas voulu Pour moi il ne merite meme pas la prison il faut
    qu il passe dans un endroit de corrections ou se trouve les malades mantals car il doit etre
    malade mais doit etre 1er a etre devant le tribunal penal international avec ses emploens
    Bunyoni, Nizigama Gabriel, Prime Niyongabo, Bagorikunda, Ndakugarika,Kazungu josefu
    Uwamahoro et les autres

  6. Exsurge Domine!!

    On nous laisse mourir car nous n’avons pas de pétrole peut être,mais une chose est sûre: »que nous possédions du pétrole ou pas,nous restons des êtres humains qu’il faut proteger »!!Je vous jure que l’histoire ne nous pardonnera pas d’avoir laissé les criminels prendre le devant!!Le peuple doit se révolter,sinon les Européens et les Americains ne soucient pas de nous,kandi ng’uwigiz’igitebo bamuyoz’ivu!!

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