La Belgique gèle plus de 60 millions d’euros d’aides

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Face à la persistance des violences au Burundi, l’UE met la pression et la Belgique suspend sa coopération. REUTERS/Mike Hutchings

Après l’adoption de sanctions contre quatre responsables burundais, l’Union européenne ouvrira dans les tout prochains jours les négociations autour de l’article 96 de l’accord de Cotonou. Ce dernier régit la coopération entre l’Union européenne et les États de la zone Afrique, Caraïbes et Pacifique. A la veille du déclenchement de cette procédure, la Belgique a décidé de suspendre toute coopération avec le pays pour un montant de plus de 60 millions d’euros. Ce n’est pas le premier pays européen à prendre cette décision. Cela fait partie d’une stratégie globale de l’Union européenne pour amener les autorités burundaises à rouvrir l’espace politique et créer les conditions d’un dialogue inclusif.

La Belgique a décidé de suspendre toute coopération avec le Burundi et d’arrêter sur le champ la coopération avec la police, accusée d’être responsable de violations des droits de l’homme et d’une répression féroce contre toute opposition. Pourtant partenaire privilégié, la Belgique a décidé de geler pour plus de 60 millions d’euros de projets.

Il n’est pas question de punir directement le peuple burundais, mais bien les autorités qui perçoivent directement les aides de la Belgique. « C’est avec beaucoup de regrets que nous prenons cette décision. (…) Nous sommes en train de faire une évaluation de quelles sont les alternatives possibles pour ce budget. Ce serait des alternatives qui travailleraient directement avec la population avec d’autres organisations qui ne sont pas liées avec les autorités burundaises. On veut être prêts pour dans 120 jours, si on voit qu’il n’y a pas d’amélioration, de pouvoir continuer à aider la population burundaise sans devoir le faire à travers les autorités publiques burundaises », affirme le vice-Premier ministre belge Alexander De Croo.

Si la Belgique suspend son aide économique, c’est dans l’objectif de mettre la pression sur les autorités burundaises : « Nous sommes un partenaire depuis longtemps de la population burundaise et on aimerait que sa situation s’améliore. Néanmoins, on ne voit pas comment cette situation pourrait s’améliorer s’il n’y a pas un vrai dialogue politique inclusif. Le but est donc de ramener tout le monde autour de la table, d’avoir un dialogue inclusif. Cela a été l’élément crucial de la paix au Burundi les dix années précédentes. C’était juste le caractère inclusif et représentatif de toute la politique burundaise et nous sommes convaincus que ce sera un élément essentiel du futur du pays aussi. Il faudrait que le calme puisse revenir le plus vite possible et que de vraies libertés politiques puissent voir le jour ».

La Belgique n’est pas la première à utiliser ce procédé. L’Allemagne l’avait déjà fait en juin dernier, avant même la présidentielle, estimant que le Burundi avait violé ses engagements en termes de démocratie et de droits de l’homme. Les Pays-Bas ont fait de même plus récemment le 14 septembre. Objectif : faire monter la pression graduellement et notamment la pression financière.

Pression politique: l’article 96 de l’accord de Cotonou

Cette annonce de la part de la Belgique intervient donc dans un contexte global de pression européenne pour ramener les autorités burundaises vers les discussions. Une nouvelle phase devrait être entamée avec l’envoi d’une lettre en forme d’invitation de l’UE aux autroités burundaises dans le courant de la semaine prochaine. Une information que confirme le vice-Premier ministre belge, Alexander de Croo. A travers ce courrier, l’UE informe officiellement le gouvernement burundais qu’il a manqué à ses obligations – au titre de l’accord de Cotonou – en termes de démocratie et de respect des droits de l’homme.

Les autorités burundaises auront 30 jours pour y répondre. En cas d’absence de réponse, cela conduirait à une rupture de toute coopération. Si le gouvernement accepte de négocier, les deux parties auront quatre mois pour se mettre d’accord et éviter la rupture.

« On hésite souvent à utiliser la procédure de l’article 96, mais le Burundi est le pays où vu sa dépendance à l’aide internationale, 50% de son budget, ça a le plus de chance de marcher », explique un officiel Européen. « Ils ne vont pas nous dicter notre politique », rétorque un responsable burundais. Avant de conclure : « s’ils veulent affamer le peuple, qu’ils le fassent ». Interrogé par RFI, le ministre burundais chargé des relations extérieures n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat. Alain Aimé Nyamitwe est à New York où, en marge de l’assemblée générale des Nations unies, avec le vice-président Joseph Bukeye, il a multiplié les rencontres bilatérales.

le 02-10-2015 à 23:31, http://www.rfi.fr/afrique

Publié le 4 octobre 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Sincèrement toutes ces sanctions nous aident à quoi tant que les burundais sont entrain d’être tué un a un ? La meilleure chose est qu’ils envoient une force militaire pour sauver le peuple. Si non ces gèle des 60 millions ou interdiction de visa n’empecheront pas nkurunziza de rester au pouvoir et continuer à massacré les antis troisième mandat.

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