Quand les masques tombent au CNDD-FDD !

Dans la foulée des sanctions prises par le Conseil de l’UE en date du 1er octobre 2015 à l’encontre de quatre Burundais parmi les grands responsables d’atrocités envers des populations civiles, le Parti présidentiel, le CNDD-FDD vient de sortir une déclaration pour le moins scandaleuse.

La déclaration empreinte d’ignorance et de mensonges grossiers a été lue par le Porte-parole du Parti de Nkurunziza, Hon. Daniel- Gélase Ndabirabe sur un ton arrogant et qui cache mal la haine qu’ont les dirigeants du CNDD-FDD envers la communauté Tutsi, ou juste la volonté manifeste d’inciter la haine ethnique au sein de la société burundaise qui commençait à la transcender. Quelle que soit la motivation, il parait de plus en plus que la tension interethnique est la dernière carte que le CNDD-FDD, en mal de ferveur populaire d’antan, s’évertue à jouer. Et ce jeu est, hélas très dangereux. Cette déclaration revient sur le visaban et gel des avoirs décidés par l’UE contre Godefroid Bigirimana, Directeur Général Adjoint de la Police Nationale du Burundi, le Général putschiste Léonard Ngendakumana ainsi que les tristement célèbres Kazungu, de son vrai nom Mathias-Joseph Niyonzima et le Général Gervais Ndirakobuca connu sous le sobriquet de Ndakugarika.

Après avoir rappelé les heures sombres qu’a traversées le Burundi, la déclaration s’insurge contre des sanctions qui, selon le Parti présidentiel, ne visent que les seuls Hutu au moment où, selon toujours la déclaration, l’Union Européenne a toujours fermé les yeux, pour ne pas dire couvert les crimes commis par les régimes Tutsi. Cette déclaration considère ces sanctions comme une décision irréfléchie, discriminatoire et arbitraire de la « Justice de l’Union Européenne » prise sous l’instigation d’un certain groupe d’individus. Par la même occasion, il pointe du doigt des leaders de la Société Civile et de l’opposition qui, d’après le Parti au pouvoir, déstabilisent le pays et du coup, auraient plutôt dû être sanctionnés par l’UE à la place des quatre personnes concernées par les mesures en cause. Passant de manière extraordinaire « du coq à l’âne », la déclaration n’oublie pas de diffamer le FPR du Rwanda qu’il présentant pourtant jusque récemment comme son grand ami et son modèle dans certains programmes notamment les travaux communautaires, la propreté des milieux urbains et la réglementation des Taxi motards, un modèle qu’il lui a été malheureusement impossible de suivre. Et face à son échec multidimensionnel, il impute la responsabilité au pays frère.

Le Communiqué regrette en passant que le Directeur General Adjoint de la Police soit sanctionné alors que son supérieur hiérarchique, à savoir le Directeur General de la police ne le soit pas. Malgré la dangereuse dimension ethnique qu’il y apporte, c’est le seul passage du communiqué qui ait un sens. Mais le Président du CNDD-FDD aurait dû pousser la logique plus loin, designer tous ceux qui se trouvent dans la chaine de Commandement jusqu’à Nkurunziza lui-même et exiger des sanctions contre eux.

La déclaration conclut en exigeant le retrait de ces sanctions, le retour sans délai de l’aide que l’UE avait promise au Burundi mais qu’elle « retient injustement » aujourd’hui ainsi que l’arrestation et la poursuite des présumés putschistes réfugiés en Europe. Le summum de l’arrogance et de la stupidité: le CNDD FDD exige qu’en plus du retour de l’aide, l’Union Européenne dédommage le gouvernement du Burundi du manque à gagner que la suspension de l’aide a provoqué.

Ce communiqué, lu par le Porte-parole du CNDD-FDD, a été signé par Hon. Pascal Nyabenda, Président du parti CNDD-FDD, qui se réclame Président de l’Assemble Nationale du Burundi. Il est vrai que cette Assemblée est aussi illégitime que toutes les autres institutions issues de la mascarade électorale, mais la décence exigerait un minimum de respect à la fonction usurpée.

Il sied de préciser que la Déclaration a été diffusée par la Radiotélévision Nationale du Burundi.

De ce qui précède, il y a lieu de formuler les observations suivantes :

  • Le discours à caractère ethnique ne tient plus la route actuellement en ce sens que les principaux opposants au troisième mandat de Nkurunziza se recrutent principalement parmi les leaders de l’opposition et de la Société civile relevant de la même ethnie que Pierre Nkurunziza lui-même ;
  • Ce discours de la clique au pouvoir passe mal au sein de la base et moult illustrations en témoignent. N’est-ce pas que les jeunes de Bujumbura-Rural manifestaient au côté de ceux de Musaga, de Kanyosha, de Kinindo et de Nyakabiga, toutes ethnies confondues ? N’est-ce pas vrai que les populations de Buterere, Mutakura, Cibitoke, Kinama et Ngagara marchaient ensemble sans distinction d’ethnies, de sexe ni de religions ? N’est-ce pas que les victimes de la répression aveugle qui est en cours sont aussi bien des Hutu que des Tutsi- si pas plus de Hutu que de Tutsi- seuls les bourreaux peuvent faire ce dénombrement macabre qui leur est si cher- ? N’est-ce pas que nombres de jeunes Tutsi sont souvent alertés et sauvés par leurs frères Hutu lorsqu’ils sont pourchassés par le Service National de Renseignement ou par la Police et vice-versa ? Quel digne fils ou fille du Burundi n’a pas salué le dévouement du Personnel soignant des différents Hôpitaux et Cliniques du Burundi, notamment l’Hôpital Prince Régent Charles qui, toutes ethnies confondues, a tout donné de lui-même pour essayer de garder en vie les personnes grièvement blessées par les éléments de la Police lors des manifestations contre la violation de la Constitution et des Accords de Paix d’Arusha par Nkurunziza et son Parti ? Et si tous les policiers adhéraient à ces enseignements divisionnistes de la clique au pouvoir au sein du CNDD-FDD, le bilan des blessés et victimes parmi les opposants au troisième mandat de Nkurunziza serait-il celui qu’on connaît aujourd’hui ? Et si tous les membres du CNDD-FDD avaient suivi l’incitation à la haine prêchée par la clique de Nkurunziza avec le cachet de Pascal Nyabenda puis relayée par Daniel-Gélase Ndabirabe et autres communicateurs du Parti, tout le Burundi ne serait-il pas en feu ?
  • Les accusations dirigées contre l’UE sont loin d’être fondées et c’est la preuve que les dirigeants du CNDD-FDD ont une mémoire courte. Les Etats de l’UE ont toujours fait montre d’une grande cohérence dans leurs positions à l’égard des différentes crises sociopolitiques qu’a traversées le Burundi. Ainsi, et à titre illustratif, il sied de noter les mesures drastiques qu’a prises le Royaume de Belgique contre le gouvernement du Burundi après les crimes de 1972 et le Coup d’Etat de 1993, jusqu’à l’adoption des Accords d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi.
  • Les dirigeants du CNDD-FDD ont du mal à garder secret un agenda caché depuis des années et un plan d’extermination d’une partie de la population ;
  • Le réflexe ethnique qui est mis en avant par les responsables du CNDD-FDD depuis un certain temps s’amplifie en ce moment où le peuple est meurtri par ceux-là même qui théoriquement étaient en charge de sa sécurité ;
  • Le Burundi se trouve au bord de l’implosion et on peut craindre un génocide si rien n’est fait dans les meilleurs délais ;
  • Un appel au lynchage des leaders de la contestation et de tous les opposants au troisième mandat de Pierre Nkurunziza est lancé même si leur persécution ne date pas d’aujourd’hui ;
  • La déclaration ignore la nature même des sanctions prises par le Conseil de l’UE. Elle les qualifie de décision de Justice alors qu’elles demeurent des mesures politiques. S’agit-il d’une pure ignorance ou d’une tentative de dissuader des éventuelles poursuites pénales que l’UE ou d’autres organisations internationales réclameraient auprès de la CPI ?
  • La déclaration dénote une peur de voir les sanctions de l’UE étendus aux autres criminels qui endeuillent le pays, à commencer par Nkurunziza et ses proches qui exercent le vrai contrôle sur le crime ;
  • La Radio Télévision Nationale du Burundi qui n’est plus Nationale que de nom s’érige aujourd’hui en un outil de propagande divisionniste du CNDD-FDD ;

Somme toute, la déclaration du CNDD-FDD met en lumière l’absence de maturité politique des personnes qui gouvernent de fait le Burundi aujourd’hui. Elle témoigne aussi de leur plan de recourir à des raccourcis ethniques et tyranniques pour se maintenir contre vents et marées au pouvoir, ce qui conduit malheureusement tout droit le Burundi vers une grave catastrophe humanitaire. Ces manœuvres de diversion et de dissuasion ne doivent pas distraire la majorité des Burundais épris de paix et de dignité pour leur cher pays, l’Union Européenne et la Communauté internationale dans son ensemble. Les partenaires du Burundi doivent au contraire faire preuve de plus de fermeté pour voler au secours du peuple burundais martyrisé et sans défense.

Les Burundais de toutes ethnies ayant perdu les leurs au cours des différentes crises sociopolitiques qu’a connues le pays et dans des circonstances jusqu’ici non élucidées sont nombreux, et il est grand temps que la transmission du virus de la haine de génération en génération s’arrête ! Les générations naissantes et celles à venir devraient en être épargnées. C’est pourquoi tous les Burundais doivent éviter de tomber dans le piège de ces gens qui les prennent en otage et résister, dans l’unité, à l’oppression.

On salue la bravoure des prisonniers de Gitega qui, juste au lendemain de la Déclaration du Parti CNDD-FDD, viennent de lutter deux jours durant contre la mise en exécution du plan macabre de la clique au pouvoir au moment où le Chef de Cabinet Police de Nkurunziza (le même Général Gervais Ndirakobuca, Alias Ndakugarika visé par les sanctions de l’UE), Mathias-Joseph Niyonzima, alias Kazungu (lui aussi visé par les sanctions de l’UE, le Commissaire Ayubu (reconnu pour ses atrocités, tortures et les assassinats contre les paisibles citoyens de Buterere, Mutakura, Cibitoke, Kinama et Kamenge), le Commissaire Régional de la Police, Thaddée Birutegusa et le Directeur de la Prison de Gitega entre autres ont fait éruption dans la Prison avec comme mission une énième tentative d’isolement pour torture de certains prisonniers présumés putschistes accusés d’avoir affiché leur désaccord au troisième mandat de Nkurunziza et au versement du sang des paisibles citoyens. Les prisonniers de Gitega sont une source d’inspiration pour le peuple burundais en ce moment!

Comme disait un penseur, « quand la justice zigzague, celui qui reste impartial et conclut que les lois doivent toujours être respectées est complice ».

http://hopeforburundi.unblog.fr

Publié le 6 octobre 2015, dans BUJUMBURA News. Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. Ivyo CNDD-FDD yatangaje jewe mbonako bibabereye kuko n’uwabivuze n’ijambo rike kandi ngo inkoko y’urwara rurerure yimena inda

  2. Aho mwakavugiye Imana iyaba ariyo ifis responsabilite iba yaratabay kera. Imana nimuyiveko. Umwansi wigihugu n’umwe President et son drole d’epouse. Abandi barikumwe nabo aha udufaranga ngo bamuje inyuma. None ni kuki 10.000.000 z’abarundi zitokuraho president Nkurumbi hakuguma mugora Imana, Ntanumwe ashaka gufata responsabilite , umwe wese ashaka bive mubandi, namaba abasumvya umbwenge n’ububisha nimumureke , murondere ubuzima bwanyu, Umuntu umwe niwe yotuma muguma muva Imana Imana, mufise igisoda, igipolice , aba manifestant , abarundi bose bri inyuma yanyu, nimutegure ukun tu mwomukuraho, muce mutegura ukuntu mwoca mwa assura securite muburundi bwose, ntahagire uwikika mukiza murabe ko atavaho. Abarundi muri utujuju, umuntu umwe niw yabananiye? Niwe ababasumvya ubugabo, ngomutinya gupha yirirwa arica abantu mubona , motif ngo ntimurashikirwa? muzomenya ko mwari gutanga ubuzima mugatabara igihugu mushikiriwe mumazu yanyu, hako mwari kuja hamwe mukikura umwansi kwizosi. ww arara arategura ukuntu yoguma kubutegetsi namwe murindiriye hasar imukuraho? Nimureke imana mukoreshe Ubwenge bwahawe n’Imana. Nawe mugukuraho abansi biwe ntamana ahamagara , arabakuraho gusa ntakindi namwe musabwe atarukumukuraho , hama abo bakorana mugafunga canke mugatoza iminwe.

  3. Qu’est-ce qu’on pourrait entendre d’autre de la bouche de ce voyou Ndabirabe? Il veut faire recours à la corde ethnique pour semer le chaos dans ce pays et coller les responsabilités aux Batutsi. Aba DD vyanse kweli! Ni bakumbure basubize ubutegetsi twitorere abaturongora n’aho yoba ari imbeba mugabo Peter akinjure.

  4. Le porte parole du gouvernement nous avait promis d’appliquer le principe de réciprocité.
    Pourquoi ces déclarations?

  5. L’ue n’a pas d’interet d’analyser amazuru afyase canke asongoye comme les idiots Nyabenda et autres. C’est dépassé. Tu penses que le Bdi Sera le Bdi pour une ethnie? Cette idiotie a fait que ce voyou nkurunziza se proclame president pour le 3ème mandat. Si tu dirige l’ assemblée en visant les aides blockées pour ne pas les piller, tu nous meneras où? Tutsi, Hutu , pas de sens. Tu te sens touché seul? C’est toi seul Burundais? Nkurunziza niwe kamana k’abahutu? Ntawundi yotwaye muri mwebwe kugira Uburundi bugumane agateka! Apfuye rero muzoba muheze? Connard, kwinyegeza murutara vyaruryoheye? Primitif que tu es.

  6. Tenant compte de ce qui se passe dans notre Pays Burundi seul Dieu est capable de le redresser!Burundi warapfunywe ntiwapfuye!Aba colonisateurs baratuvuyeko,Aba ba CNDD FDD bazotuvako!Imana Iruta Ingabo!Velence RIP.j’aime mon Pays!

Bienvenue sur notre forum de discussion. Postez votre commentaire en restant courtois et poli. Les commentaires redigés en MAJUSCULES ne passeront pas. Merci.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :