Histoire de Bujumbura

L’histoire de la ville de Bujumbura

Usumbura I001La plaine d’Imbo, qui accueille une grande partie de la ville de Bujumbura, est un territoire burundais depuis des siècles. Néanmoins, dû son climat chaud et humide favorable aux maladies tropicales, cette région est restée inoccupée jusque vers la fin du 19ème siècle. En effet, il n’y avait même une légende qui disait que tout Mwami (roi) qui verrait le Lac Tanganyika mourrait. On dit que cette légende à été justifiée en 1908 quand Mwami Mwezi GISABO est mort pendant son voyage de retour vers Gitega, de Bujumbura – alors Usumbura – où il s’était rendu pour rendre visite au résident allemand, et où il avait pu voir le lac pour la première fois dans sa vie !

Même si la région d’Imbo était peu habitée, des sources historiques traditionnelles et modernes font référence à un marché appelé Mukaza, qui se trouvait sur le site de l’actuel marché central de Bujumbura, et autour duquel quelques regroupements commencèrent à apparaître à partir des années 1850.

Vers les années 1870, des envahisseurs de Zanzibar, qui avaient réussi à implanter plusieurs comptoirs commerciaux le long des rives du lac Tanganyika (qu’ils découvrirent les premiers dans les années 1820), cherchèrent à prendre le contrôle de toute la plaine et d’étendre leur domination sur tout le  Royaume du Burundi. Cependant, vaincus par les Abadasigana – armée royale de Mwezi GISABO – ils ne purent que s’installer dans la région du Buzige – l’actuel Bujumbura – d’où ils s’engagèrent dans le commerce et le trafic d’esclaves. En 1885, Mohamed Bin Khalfan (alias Rumaliza) avait réussi à prendre le contrôle de toute l’Imbo à partir de sa résidence à MAGARA (Bujumbura Rural, au sud de Bujumbura) et tous les princes et chefs locaux étaient sous son influence.

Parmi les visiteurs de la plaine de l’Imbo pendant le 19ème siècle, on peut parler des Missionnaires d’Alger du Cardinal Lavigerie qui, dans les années 1880, installèrent la mission de Saint Antoine de l’Uzige (l’actuelle paroisse Saint-Michel de Bujumbura) ; ainsi que de célèbres explorateurs tels que Richard F. Burton et John H. Speke (1858), Henry M. Stanley et David Livingstone (1871 et 1896), ainsi qu’Oscar Baumann, dont la visite en 1892 fut suivie par l’installation d’une station militaire allemande à KAJAGA en 1896.

KAJAGA était très humide, à basse altitude, et très exposée à des vents puissants, que les allemands avaient de grandes peines à combattre la malaria et à naviguer quand le temps était mauvais. Alors, en 1897, ils déménagèrent ver un site un peu plus élevé et stratégique où ils installèrent un port (sur le site de l’ex Cercle Nautique de Bujumbura). Pour cet effet, ils engagèrent de la main d’œuvre Swahilie de Tanzanie pour construire la Boma, un complexe de 100m sur 50m qui comprenait des bureaux, des résidences, une prison et un arsenal, et qui constituaient l’essentiel du quartier administratif : la Boma se trouvait quelque part entre l’actuelle Place de l’Indépendance et les terrains de basket-ball du Parquet.

Cette main-d’œuvre de la Tanzanie, ainsi que les Askaris (soldats africains) furent logés près de la côte, et en 1914, des marchands asiatiques les avaient rejoints et le quartier qu’ils occupaient tous était connu sous le nom de Quartier Swahili. Cependant, en 1912, la capitale de l’Urundi – le Burundi, sous son nom colonial – fut déplacée vers Kitega (Gitega), mais Usumbura fut maintenue comme capitale du district du Ruanda-Urundi*.

La ville devint un centre commercial important desservi par des pistes vers le Congo, le Nord et l’Est, et par des navires vers le Sud ; elle jouait un rôle important dans les échanges entre l’Ouest et l’Est Africain. En 1914, on pouvait déjà enregistrer plus de 20 firmes commerciales internationales opérant dans la ville. Usumbura comptait plus de 3000 habitants, la majorité desquelles étaient des étrangers, et qui quittèrent le pays avec les Allemands quand ils perdirent le Ruanda-Urundi en faveur des Belges en 1916.

En 1916, quand les Belges reçurent un mandat des Nations Unies sur le Ruanda-UrundiUsumbura fut retenue comme capitale politique et économique de la colonie. La ville continua à se développer sur des sites caractérisés par la séparation des communautés raciales. En effet, en juin 1925, un édit fixa la création de Cités Africaines, et en 1928, les africains qui vivaient dans le Quartier Swahili furent déplacés vers deux nouveaux villages : BUYENZI (1928) et KABONDO (1932). Le Quartier Swahili, alors exclusivement asiatique, fut renommé Quartier Asiatique en 1930, et reste connu ainsi. Néanmoins, les cités africaines quant à elles ne durèrent qu’une décennie : en 1941, le village de KABONDO, qui était devenu très insalubre, fut détruit. La population qui l’occupait fut temporairement déplacée vers un autre site, dans un village tout près de l’aérodrome (près de l’emplacement actuel du Stade Prince Louis RWAGASORE). Dans l’entre-temps, deux nouveaux quartiers étaient en cours de construction : le Quartier Belge A (l’actuel BWIZA), et BUYENZI qu’on reconstruisait suivant un nouveau plan. Ces deux quartier furent classifiés en tant que Centres extra coutumiers par édit du 22 décembre 1941 : c’étaient des centres africains pour les Africains ‘évolués’.

Les européens de leur côté occupèrent l’ancien centre allemand, et au fur et à mesure que la ville grandissait, le centre fut élargi par des quartiers résidentiels, administratifs, et commerciaux.

Usumbura était considérée comme l’ouverture de l’Empire Colonial Belge vers l’Océan Indien, alors elle se développa rapidement. Il y eut un important afflux de capitaux, et plus de main-d’œuvre fut importée de la Tanzanie et du Congo. Plus de main-d’œuvre signifiait le surpeuplement des villages africains. Ainsi, le Quartier Belge fut élargi par deux nouveaux quartiers : le Quartier Belge B au Sud, et le Fond d’avance (l’actuel NYAKABIGA) au Nord. Entre 1952 et 1957, sur la rive droite de la NTAHANGWA, NGAGARA (les quartiers 1 à 5), KAMENGE et KINAME furent érigés par l’Office des Cités Africaines (OCAF). Ces centres furent construits pour les clercs africains, dont la plupart étaient burundais ; et c’est pour cette raison qu’ils furent considérés comme les résidences des premiers intellectuels burundais.

Après la seconde guerre mondiale, les centres administratifs et commerciaux furent élargis de leur premier site, vers le site du stade Prince Louis. Les zones résidentielles furent également élargies vers l’Est (ROHERO I) et vers le Sud (ZEIMET). C’est également pendant cette période que furent érigés les bâtiments du Collège du Saint-Esprit (l’actuel Campus KIRIRI). Le quartier industriel fut élargi – le port avait été déplacé vers son emplacement actuel dès 1950 – et un nouveau aéroport fut construit (l’actuel aéroport présidentiel).

Le 1er Juillet 1962, le Burundi était une nation indépendante, et Bujumbura fut proclamée capitale officielle. La ville continua à se développer : de nouveaux quartiers furent créés sur les espaces qui jadis séparaient les communautés raciales, alors que les vieux quartiers se densifiaient.

En 1963 CIBITOKE fut créé pour accueillir des populations déplacées par la montée des eaux du Tanganyika et de ses affluents. Le Quartier B fut élargi vers la mission Saint-Michel, et renommé ROHERO II en 1964. En 1968, l’Institut National de Sécurité Sociale (INSS) investit des fonds dans un nouveau quartier, le quartier INSS. ROHERO I fut élargi pour rejoindre ROHERO II, MUTANGA (Sud) était en construction, et KABONDO renaquit.

Les quartiers administratifs et commerciaux furent également élargis entre 1962 et 1980, notamment par la construction des bâtiments de la RTNB (Radio Télévision Nationale du Burundi), du Campus KAMENGE, des bâtiments abritant les Ministères des Finances et de l’Education, parmi tant d’autres.

A partir de 1980, Bujumbura commença à s’étendre vers le Nord vers GIKOMA et vers le sud au-delà de la KANYOSHA.

En 1983, les quartiers 6 et 7 de NGAGARA furent créés, JABE était en cours de construction, ainsi que KININDO et KINANIRA. MUTANGA s’agrandissait au-delà de la NTAHANGWA pour donner naissance à GIHUNGWE (l’actuel MUTANGA-Nord) qui grandirait plus vers le Nord pour donner naissance à GIHOSHA. Plus au nord, la SOCARTI entamait la construction de milliers de résidences qui constitueraient un quartier qui fait partie de la commune de KAMENGE.

*Le Rwanda et le Burundi furent colonisés en tant que pays fédéré, mais ils décidèrent mutuellement de se séparer à l’indépendance.

  1. quant a moi cette histoire est incomplete car on dirais que le burundi n existe que jusque aux annees 1980!!et apres cette date, n y a-il pas d autres informations a fouurnir!!!merci de cette INITIATIVE!!!

  2. Merci de l’effort d’avoir écrit, il y a des choses que je ne crois pas: Mutanga-Sud date de 77 autour et non de 68? A ce moment c’était une banlieue de maçons construisant l’université et ses environs: quartier INSS, Kiriri II, …
    La ville n’est pas encore arrivé à Gikoma PCQ c’est là que se trouve l’élevage péri-urbain tranquille encore? C’est peut-être Nyabagere. Le quartier Socarti autour d’Amsar vous le situez quand? Merci
    Roger Kanyaru

  3. je voulais eclaircir en peu
    ce n’etait pas la premiere fois que le Roi Mwezi etait de visite a Usumbura lorsque il est decede mais la deuxieme fois.

  4. Nshimirimana SYLDIE

    Merci pour cet article.ok,je voulais vs demander de me faire le nombre d’habitat actuel!

  5. Merci pour cet article, pourriez vous me renseigner sur la signification du nom BUJUMBURA? ça fait quelques temps que je cherche une réponse et je pense avoir trouvé une plateforme pour poser ma question. Merci d’avance

  6. Gihungwe ou Gikungu.

  7. je suis d’accord avec toi mais en plus de ce que tu viens de dire ,il faut savoir que l’imbo c’est purement swahili en temoigne certains nom commençant par U Exemple usumbura c’est comme ujiji ,et M mtimbuzi qu’on a modifiee en disant mutimbuzi ,gatete a rumonge c’est katete en swahili et dire que le Roi craignait le climat de l’imbo ,je dirai que vous voulez masquer la réalité ,c’est que c’etait gouverne par un autre roi ok rero ntimuvuge y’uko aba swahili bavuye ahandi uko n’ukuvangura kuko nigihe bagabura africa conference de berlin abaswahili bariho le long du lac tanganika pas tanganyika kuko nigiswahiri abaswahili nibo bene imbo ok

  8. Il faudrait mentionner la source de cet article non? (De la part de l’auteur de ce article)

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